«J’ai constaté que le visage de la ville est en train de changer et que l’enjeu de l’insalubrité est devenu un véritable problème.»

Présidente d’une ONG qui milite pour la protection de la nature et de l’environnement en Guinée, Mme Mariama Diouldé Diallo est à la tête d’un projet baptisé « Dalaba ville propre ». Cette initiative vise à redonner à cette ville touristique guinéenne son visage d’antan. La fondatrice de l’ONG Solidarité, préoccupée par l’accumulation de déchets dans la ville et le manque d’espaces verts, a décidé de mettre en place un groupement de femmes pour l’assainissement et l’embellissement de Dalaba. Global Green News s’est entretenu avec elle sur la quintessence de ce projet.

Interview.

Vous avez décidé de mettre en place un groupement de femmes pour l’assainissement et l’embellissement de la ville de Dalaba en Guinée. Alors en quelques mots, voulez-vous nous expliquer en quoi consiste réellement votre projet et depuis combien de temps il existe ?

Je commencerais par me présenter : Madame Mariama Diouldé Diallo, mère, grand-mère et citoyenne engagée dans le développement de la ville de Dalaba. Je suis également présidente de L’ONG Solidarité. Je suis née et j’ai grandi à Dalaba et depuis quelque temps j’ai constaté que le visage de la ville est en train de changer et que l’enjeu de l’insalubrité est devenu un véritable problème.

En effet, il y a une prolifération d’ordures et de déchets un peu partout dans la ville, notamment une grande présence des déchets plastiques causés en grande partie par les sachets d’eau en plastique qui sont de plus en plus utilisés dans les foyers. L’autre constat est l’augmentation des îlots de chaleur dû à un manque criant d’espaces verts en ville.
Depuis 2 ans avec un groupe de femmes nous avons donc pris la décision de mettre en place une initiative citoyenne pour soutenir la commune pour l’assainissement (ramassage et brûlage des ordures, déblayage des déchets qui bloquent les fossés pour permettre la circulation des eaux de pluie) et l’embellissement de la ville . Passionnée de fleurs et d’espaces verts comme on le voit dans d’autres pays, je crois fermement que planter des arbres et des fleurs est un frein contre le réchauffement climatique. Nous avons donc intégré l’assainissement, la création d’espaces verts et mis des fleurs et des arbres sur les bords des routes.

Quelle stratégie utilisez-vous pour mobiliser et convaincre autant de femmes à adhérer à ce programme ?

Pour mobiliser et convaincre autant de femmes à rejoindre ce projet, la stratégie utilisée en grande partie est la sensibilisation et la communication. À travers des discussions, nous avons sensibilisé et démontré aux participantes les avantages pour elles-mêmes et leurs familles d’avoir un environnement de vie propre et vert. Aussi, qu’il était important que les femmes s’impliquent et soient en avant pour le développement de la ville et la lutte contre le changement climatique pour elle-même mais aussi pour les générations futures. L’autre incitation pour les convaincre est la mise en place d’une « tontine » collective qui permet à chaque rencontre que 6 femmes du groupe repartent avec une somme d’argent qui leur permet de démarrer une activité génératrice de revenus ou de subvenir à leurs besoins ou aux besoins de leurs familles.

Pourquoi avoir ciblé spécifiquement les femmes pour la concrétisation de ce projet, alors que l’assainissement environnemental devrait normalement être l’affaire de tous ?

Les femmes sont les principales actrices du changement et elles sont généralement les plus motivées à s’impliquer dans ce genre d’initiative, car elles sont les plus directement impactées par la prolifération des déchets et de la saleté. En effet, ce sont elles qui vont le plus souvent, travailler et vendre sur les marchés et les principales artères de la ville. Les femmes se rendent également compte que la plupart des ordures sont laissées devant les maisons ou simplement dans les rues et cette situation peut entraîner des maladies qui affecteront plus facilement les enfants.

“Le travail se fait à mains nues, les femmes ne disposent pas d’équipements de protection adéquats pour se protéger pendant le travail”

Quels types de difficultés rencontrez-vous sur le terrain dans l’exécution de ce programme ?

Les difficultés rencontrées sur le terrain dans l’exécution du projet sont le manque d’équipement et de matériel adéquats pour la collecte des ordures. De plus, le travail se fait à mains nues, les femmes ne disposent pas d’équipements de protection adéquats (gants, masques, bottes, etc.) pour se protéger pendant le travail. Cependant, le plus gros problème auquel nous sommes confrontés concerne le stockage et le traitement des déchets plastiques que nous collectons. Nous avons également du mal à trouver un lieu adapté pour déposer les déchets collectés car il n’y a pas de centre de tri. A plus long terme, nous souhaitons créer un grand centre de tri et de recyclage.

Il est vrai qu’un tel projet nécessite également un accompagnement sur le terrain, est-ce qu’avez vous l’appui des autorités locales ?

Nous travaillons en étroite collaboration avec la municipalité de Dalaba qui nous a fourni un lieu pour la création d’un espace vert. Aussi, nous avons beaucoup d’encouragements de la part des citoyens de la ville qui trouvent l’initiative très bonne. Il y a aussi un camion mis à notre disposition par un citoyen pour le transport des déchets. En ce moment, il y a aussi une campagne de financement mise en place pour nous soutenir financièrement dans l’achat d’équipements de protection et de travail.

“Notre initiative commence à devenir un modèle à suivre pour les autres villes voisines”

Quels sont les résultats obtenus jusque-là sur le terrain, sont-ils satisfaisants ?

Les résultats obtenus jusqu’à présent sur le terrain sont vraiment satisfaisants, la ville est plus propre et des espaces verts ont été aménagés à proximité des routes. 1000 plants de différentes variétés de fleurs ont été plantés. De plus, nous sommes fiers d’avoir implanté le concept d’agriculture urbaine qui consiste à planter des légumes, des fruits et des herbes aromatiques en ville. En plus, nous avons planté des fleurs, des légumes et des herbes aromatiques qui nous permettent de récolter chaque semaine choux, ciboulette, piments, tomates, salade, aubergines, etc. que les femmes partagent.

Par ailleurs, je suis très contente de voir que la sensibilisation à l’enjeu de propreté commence à porter ses fruits. Les gens commencent à être sensibles à l’enjeu de propreté et font plus attention à ne pas jeter d’ordures n’importe où. Notre initiative commence à devenir un modèle à suivre pour les autres villes voisines.

Nous savons que l’assainissement et le problème de l’environnement restent un casse-tête pour la plupart des villes en Guinée, quelles mesures ou garde-fou avez-vous pris pour assurer la réussite de votre projet sur le long terme ?

Pour assurer la réussite du projet sur le long terme, nous nous appuyons sur la diversité des âges et des profils des femmes participant au projet. Aussi, le groupe est structuré par quartier avec une présidente à la tête de chaque quartier. Cela permet de pérenniser les ressources humaines sur le long terme. Aussi, la tontine, qui est un bon incitatif financier, permet sur le long terme de créer une activité génératrice de revenus. Cependant, le garde-fou le plus important est la prise de conscience collective de l’importance d’avoir une ville propre et la motivation des femmes à créer des espaces, des parcs verts dans la commune. On aimerait voir plus d’espaces verts et aussi des formations sur l’ensemencement et l’agriculture urbaine qui est un bon moyen de réduire la pollution.

Avez-vous un message à lancer à tous ceux qui vous ont suivi aujourd’hui ?

Un grand merci à toutes ces femmes braves et dynamiques c’est la première fois à Dalaba qu’une association de femmes pour l’assainissement est créée. Je suis très fière de toutes les femmes et du travail que nous avons accompli. Je suis surtout très heureuse de voir leurs motivations et leurs engagements en faveur de l’environnement et en faveur de notre belle préfecture. J’espère pouvoir continuer à les encourager et les motiver davantage car ce sont elles les actrices du changement, ce sont elles qui feront bouger les choses, ce sont elles qui œuvreront pour l’adaptation au changement climatique.

Billy Omeonga

Billy Omeonga hat einen Abschluss in Journalismus und kreativem Schreiben. Derzeit mache ich einen Bachelor of Business Administration an der University of the People in den Vereinigten Staaten von Amerika. Ich liebe Aktivitäten, bei denen es um Ideen und kritisches Denken geht. Ich begeistere mich für die Natur und den Schutz der Umwelt. Ich glaube an den Schutz unseres Planeten und seiner natürlichen Ressourcen. Ich hasse unehrliche und pessimistische Menschen. Ehrlichkeit ist ein integraler Bestandteil meiner Weltanschauung und ein Wert, an den ich fest glaube. Ich spreche fließend Französisch und Englisch. In meiner Freizeit lese ich gerne und spiele Klavier. Außerdem missbillige ich die Unzuverlässigkeit. Ich bin ein zuverlässiger Mensch, also erwarte ich ein gewisses Maß an Zuverlässigkeit von denen, denen gegenüber ich zuverlässig bin.

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