Suite aux sanctions prises par le Canada à l'encontre de responsables chinois en raison des violations des droits de l'homme commises à l'encontre des Ouïghours, le chef du Parti vert du Canada demande que d'autres mesures soient prises, déclarant que "ces sanctions sont un début, mais ne devraient pas être la fin".

Appeler les choses par leur nom

Dans une publication récenteDans son rapport, M. Paul déclare que les sanctions prises par le Canada à l'encontre des responsables chinois constituent un bon pas en avant vers la justice, mais qu'elles ne sont pas suffisantes. Paul exhorte le gouvernement à déclarer également que les violations des droits de l'homme commises à l'encontre des Ouïghours constituent un génocide au sens de la Convention européenne des droits de l'homme. Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (PPCG).

"Le gouvernement n'a pas qualifié de génocide les crimes commis par le gouvernement chinois contre la minorité ouïghoure et d'autres minorités musulmanes, alors que ces crimes sont parfaitement décrits comme tels.

Paul fait référence à l'article II du PPCG qui définit le génocide comme "l'un des actes suivants commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : 

  1. Tuer des membres du groupe ; 
  2. causer des dommages corporels ou mentaux graves à des membres du groupe ; 
  3. Le fait d'infliger délibérément au groupe des conditions de vie visant à entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; 
  4. Imposer des mesures destinées à prévenir les naissances au sein du groupe ; 
  5. Transfert forcé d'enfants du groupe vers un autre groupe."

Les sanctions prises par le Canada à l'encontre de responsables chinois font suite à des preuves de plus en plus nombreuses de violations des droits de l'homme à l'encontre de la minorité ouïghoure. Dans sa déclarationDans son rapport, le gouvernement fédéral indique que les preuves recueillies font état de : "la détention arbitraire massive de plus d'un million d'Ouïghours et d'autres minorités ethniques musulmanes sur la base de leur religion et de leur appartenance ethnique, ainsi que la rééducation politique, le travail forcé, la torture et la stérilisation forcée".

Comme la déclaration du gouvernement correspond à la définition d'un génocide, Paul adresse les demandes suivantes au gouvernement pour qu'il remplisse ses obligations internationales :

  • Nommer explicitement, condamner fermement et sensibiliser la communauté internationale aux preuves directes du génocide en cours ;
  • organiser des discussions avec un large groupe d'alliés internationaux afin d'explorer tous les mécanismes diplomatiques et économiques disponibles pour ramener la Chine dans le respect du droit international ; et
  • Réfléchir aux actions unilatérales que le Canada devrait entreprendre en plus pour s'assurer que la Chine respecte le droit international.  

Suivre le mouvement ou être le leader

Paul mentionne que le refus du gouvernement canadien de déclarer ces actes comme un génocide se fait à l'encontre d'un de ses alliés internationaux, les États-Unis, et qu'il n'y a pas de raison pour que le gouvernement canadien refuse de déclarer ces actes comme un génocide. 266 députés qui ont déjà reconnu ces atrocités comme un génocide selon la définition du PPCG.

En outre, Paul estime que le Canada peut à lui seul avoir un impact significatif sur la question s'il décide d'exprimer son opinion sur la scène internationale : "Bien que le Canada puisse et doive agir de concert avec ses alliés, il n'est pas impuissant à agir seul et dispose d'une variété d'options unilatérales pour répondre au génocide contre les Uyghur et d'autres minorités musulmanes en Chine"

La position du gouvernement

Selon la CBCLe gouvernement fédéral a exigé qu'une enquête soit menée afin de tirer ses propres conclusions sur ce qui se passe dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang. Justin Trudeau, le premier ministre canadien, préfère être prudent avec le mot "génocide", déclarant que le terme est "extrêmement chargé".

Paul estime que la demande du gouvernement d'avoir accès à la région pour une enquête indépendante est un coup d'épée dans l'eau, étant donné que le gouvernement de la République populaire de Chine n'accorderait jamais ce type d'accès.

Annamie Paul estime que les preuves de plus en plus nombreuses des violations des droits de l'homme dans la région suffisent à qualifier ces actes de génocide et mentionne que "même si un pays est seulement conscient qu'il existe un risque sérieux qu'un génocide se produise ou puisse se produire, il doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher le génocide d'avoir lieu".

Luis Alvarez

Luis est titulaire d'une licence en développement international et d'une mineure en communication de l'Université McGill. Il est né au Mexique et a immigré au Canada à l'âge de neuf ans. Il est passionné par l'environnement et par les moyens efficaces d'aborder collectivement la question du changement climatique. Pendant son temps libre, Luis aime voyager à travers le Canada pour faire de la randonnée et découvrir ses magnifiques paysages.

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