L’industrie du saumon écossais traverse une crise de crédibilité sans précédent. En ce début d’année 2026, la pression politique s’accentue sur les ministres pour geler l’expansion de l’aquaculture. Pour Ariane Burgess, députée du Parti vert écossais (Scottish Greens), le constat est sans appel : le modèle actuel est « totalement intenable ».
Une année 2025 marquée par les catastrophes
Le plaidoyer des écologistes s’appuie sur un bilan alarmant de l’année écoulée. En octobre dernier, les élevages des Shetland ont enregistré la mort subite de plus de 250 000 poissons, un niveau de mortalité inédit depuis les années 1980. Parallèlement, la tempête Amy a provoqué l’évasion de 75 000 saumons d’un site exploité par le géant Mowi dans les Highlands, menaçant l’intégrité génétique des populations sauvages.
Ces incidents ne sont pas isolés. Un rapport parlementaire publié en janvier 2025 a révélé qu’un élevage sur cinq ne respectait pas les normes environnementales en vigueur, plaçant les eaux côtières sous la menace de dégâts écologiques permanents.
L’exigence de sanctions réelles
Pour les Verts, la pollution des mers et les mauvais traitements infligés aux animaux sont le résultat d’un manque de fermeté réglementaire. « Si les fermes étaient soumises à des normes de bien-être animal et environnementales plus élevées, nous pourrions réduire les dégâts », affirme Ariane Burgess. Elle réclame l’instauration de « sanctions réelles et dissuasives » pour les entreprises contrevenantes, dénonçant un secteur qui refuse de s’auto-réguler.
Protéger l’économie côtière
Loin d’être une simple mesure symbolique, la suspension des licences demandée pour 2026 vise à offrir un répit à l’environnement afin d’évaluer le « véritable coût » de cette industrie. Selon les écologistes, le statu quo met en péril non seulement la biodiversité, mais aussi les autres emplois liés au secteur maritime qui dépendent de la santé des eaux écossaises.
« Une suspension permettrait aux autorités de s’assurer de la bonne application des règles existantes », conclut la députée. En attendant une législation plus stricte, le bras de fer entre les défenseurs de l’environnement et les industriels du saumon semble plus tendu que jamais.


























