Radomir Lazović, coprésident du Front vert-gauche en Serbie
Radomir Lazović, coprésident du Front vert-gauche en Serbie

Le site surnommé « Ćaciland », devenu un symbole de clientélisme et de criminalité présumée en Serbie, serait en cours de démantèlement. C’est ce qu’a affirmé Radomir Lazović, coprésident du Front vert-gauche (ZLF), lors d’une intervention à l’Assemblée nationale.

Lazović a publiquement parié avec les membres du parti au pouvoir (SNS) que le président Aleksandar Vučić ferait disparaître le site avant l’arrivée imminente d’une mission spéciale d’observation du Parlement européen. « Ils le suppriment car il serait extrêmement difficile d’expliquer cette corruption, ces criminels et l’horreur qui s’y sont déroulés », a-t-il déclaré.

Une « honte » vue par l’Europe

Le site a déjà été visité par des délégations européennes, dont des membres du Bundestag allemand et du Parlement autrichien, ainsi que le coprésident du Parti vert européen. Lazović rappelle l’embarras diplomatique déjà causé par l’affaire : « Vous vous souvenez quand l’ambassadeur de l’UE présentait un rapport et a dû entrer par l’arrière à cause de Ćacilenda ? »

Pour tenter de camoufler la nature du lieu, les autorités y ont installé un parc de Noël, une initiative moquée par l’élu d’opposition : « Ce n’est pas Noël et on ne peut pas le cacher. »

Succès international et lutte étudiante

Évoquant l’année 2025, Radomir Lazović s’est félicité d’un succès diplomatique majeur pour l’opposition : être « parvenus à faire changer d’avis l’Union européenne sur le régime criminel d’Aleksandar Vučić ». La mission européenne annoncée devrait, selon lui, confirmer les constats formulés dans la résolution du Parlement européen d’octobre.

Concernant la mobilisation étudiante « Déclarer la victoire », Lazović a signé, avec la majorité des membres du ZLF, une déclaration de soutien. S’il salue « l’une des actions les plus importantes » de l’année, il note un paradoxe : cette mobilisation n’a, pour l’instant, pas permis de rapprocher la perspective de nouvelles élections.

Radomir Lazović a conclu en prédisant une année 2026 marquée par une « lutte acharnée » pour la démocratie en Serbie.