« 2021 POURRAIT ÊTRE UNE ANNÉE IMPORTANTE POUR NOS OCÉANS »

–   Grace O’Sullivan, Parti vert européen, membre du Parlement européen

Comme 2021 marque le début de la Décennie des Nations unies pour les sciences océaniques et le développement durable, les États membres de l’Union européenne qui bordent les océans élaborent actuellement des plans d’espace maritime (PEM), qui seront mis en place pour « analyser et organiser les activités humaines dans les zones marines afin d’atteindre des objectifs écologiques, économiques et sociaux ».

Dans cette optique, la députée européenne irlandaise Grace O’Sullivan et les Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE) ont commandé un rapport intitulé « Best Practice in Maritime Spatial Planning » (BPMSP) afin de fournir aux États membres des exemples de sites différents qui utilisent des pratiques économiques et environnementales durables en matière de mer, sur lesquels ils sont encouragés à s’inspirer pour leurs plans d’aménagement du territoire.  Cette étude a été réalisée et rédigée par le Dr Cormac Walsh, chercheur et consultant en gestion côtière, et utilise des statistiques et des études de cas pour analyser et promouvoir « des résultats mutuellement bénéfiques pour les pêcheurs, les énergies renouvelables, la production et la conservation marine ».

« Je suis fière de lancer le rapport d’aujourd’hui avec @GreensEFA les meilleures pratiques en matière d’aménagement de l’espace maritime, vers des résultats mutuellement bénéfiques pour les pêcheurs, la production d’énergie renouvelable et la conservation du milieu marin. »

L’océan représente la santé de la terre, il produit une quantité importante d’oxygène, stocke du carbone et abrite certains des écosystèmes les plus abondants et les plus diversifiés du monde, mais il est constamment menacé.  La surpêche, la pollution et les changements de température contribuent tous à la destruction des écosystèmes sous-marins.

L’activité marine a également été inestimable pour la croissance et la sécurité de l’humanité.  Elle fournit de la nourriture à des milliards de personnes chaque année et procure des revenus à des centaines de milliers de personnes et de communautés.  Environ 90 % des biens échangés sont exportés par le transport maritime transocéanique et, en 2016, la flotte de pêche de l’UE employait directement quelque 152 000 personnes, générant cette année-là environ 7,7 milliards d’euros.  Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), l’océan est l’une des dix premières économies mondiales, rapportant chaque année des billions de dollars à l’échelle planétaire.

Le monde a besoin d’un océan en bonne santé, mais aussi d’un océan qui puisse continuer à assurer la prospérité économique.  Le rapport de la BPMSP vise à trouver cet équilibre.

Ce rapport a créé des études de cas dans trois domaines où la planification de l’espace maritime a été efficace, et devrait servir d’exemple aux États membres de l’UE pour l’élaboration de leurs plans d’aménagement du territoire.  Ces zones sont : la mer Baltique méridionale, sous la juridiction du Mecklembourg-Poméranie occidentale, Allemagne ; la zone contrôlée par les Pays-Bas de la mer du Nord ; et la côte occidentale de la Colombie-Britannique, Canada.

Mecklembourg-Poméranie occidentale, Allemagne

Depuis 1993, le Land allemand de Mecklembourg-Poméranie occidentale utilise des plans de développement spatial (SDP) pour la gestion de ses eaux côtières le long de la mer Baltique.  Ce plan est mis à jour tous les dix ans et s’appuie sur une combinaison d’expertise professionnelle et de participation du public.

Les SDP désignent des zones pour différents usages, tels que les parcs d’éoliennes, les routes maritimes, la pêche, la conservation de l’environnement et le tourisme en mer Baltique.

Le plan fait la distinction entre les domaines « prioritaires » et les « domaines prioritaires conditionnels ».  Les domaines prioritaires comprennent la navigation, les parcs éoliens, la défense côtière et la protection de la nature, tandis que les domaines « prioritaires conditionnels » comprennent la pêche, le tourisme et les « sites d’essai » prioritaires conditionnels pour l’expansion des fonctions dans les domaines prioritaires.  Toutes les désignations de zonage sont juridiquement contraignantes, ce qui empêche les acteurs privés d’empiéter sur les zones différentes.

Le rapport du BPSMP indique que les plans d’aménagement du territoire constituent un bon exemple de système global doté d’une base juridique solide.  Les priorités sont solidement établies en matière d’énergie durable et de pratiques de conservation, sans pour autant dénigrer l’activité économique en mer.

La mer du Nord, Les Pays-Bas

La deuxième étude de cas du rapport du BPMSP porte sur l’Agenda spatial de la mer du Nord 2050 (NSSA 2050), conçu et contrôlé par le gouvernement néerlandais.  Créé en 2015, cet agenda constitue une vision spatiale tournée vers l’avenir qui fusionne la conservation de la nature et le développement économique dans son espace limité, avec un horizon temporel fixé à l’année 2050.

Les cartes utilisées dans le rapport NSSA 2050 utilisent des images inversées de la mer du Nord, mettant le lecteur au défi avec une perspective mer-terre peu familière.

« IL EST POSSIBLE DE CRÉER UNE MER DU NORD ROBUSTE ET RÉSISTANTE EN CONSTRUISANT AVEC LA NATURE EN MER »

– Dr. Cormac Walsh, chercheur et consultant indépendant

Plutôt que de désigner des zones dans un but précis, comme l’avaient été les SDP en Allemagne, la NSSA 2050 cherche à créer une synergie entre la conservation et le développement.  Comme la côte néerlandaise est considérablement petite, la NSSA 2050 énumère des plans pour une utilisation polyvalente de presque chaque kilomètre d’eaux côtières, le zonage à usage unique n’étant autorisé que dans les zones où l’environnement marin en a besoin.

Le plan énumère les possibilités d’atteindre les objectifs de développement durable tout en « construisant avec la nature ».  Un exemple est l’expansion de l’énergie éolienne en mer combinée à la remise en culture des algues, une nécessité primordiale pour tout écosystème marin sain.  Le rapport indique que « les surfaces dures fournies par les fondations des structures des parcs éoliens (comme c’est le cas pour d’autres structures artificielles en mer) sont souvent des sites de biodiversité accrue et peuvent convenir à la culture d’huîtres ou d’algues ».

Le rapport du BPSMP utilise la NSSA 2050 comme un exemple alternatif et innovant de ce que les États côtiers de l’UE peuvent réaliser, même avec un espace limité, lorsqu’il s’agit de leurs plans d’aménagement de l’espace maritime.

Colombie-Britannique, Canada

Un style unique de gouvernance maritime, le gouvernement de la Colombie-Britannique travaille en étroite collaboration avec les communautés autochtones lorsqu’il s’agit de planification spatiale marine, connu sous le nom de Partenariat pour la planification marine (MaPP).

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a collaboré étroitement avec les communautés autochtones dans le processus de conception et de gestion du MaPP depuis 2007, car le nord-ouest du Pacifique canadien abrite 17 communautés autochtones, qui revendiquent toutes des droits autochtones sur des zones terrestres et maritimes.

La carte montre les quatre sous-régions marines le long de la côte de la Colombie-Britannique, qui ont été créées en fonction des « alignements logiques sur le plan géographique, politique et socio-économique ».

Le rapport du BPMSP indique que les principaux atouts du MaPP résident dans l’intégration des intérêts des communautés, des connaissances traditionnelles et des valeurs culturelles locales par le biais d’un processus inclusif et collaboratif.

L’aménagement sous-régional comprend trois types de zones :

  1. Zones de gestion générale : Zones à usages multiples.
  2. Zones de gestion spéciales : Utilisations marines hautement prioritaires et à fort potentiel. Zones pour les énergies renouvelables, l’aquaculture et la valeur culturelle.
  3. Zones de gestion de protection : Désignées pour la biodiversité.

Bien que l’Europe n’ait pas le type de relation qui présente les mêmes spécificités sociales et culturelles qu’entre le gouvernement canadien et les autochtones canadiens, il existe une leçon transférable, à savoir le niveau élevé d’engagement communautaire.  Cette tactique peut servir à éclairer les pratiques des MSP pour les mers européennes, « particularité où les questions d’association culturelle avec la mer et la côte sont pertinentes ».

Ces trois études de cas du rapport « Best Practice in Maritime Spatial Planning » servent d’exemples de la manière dont les États membres côtiers de l’UE peuvent modeler de manière responsable leurs prochains plans d’aménagement de l’espace maritime.  Ces plans détaillés montrent comment obtenir des résultats mutuellement bénéfiques pour les pêcheurs, la production d’énergie renouvelable et la conservation du milieu marin, tout en impliquant les communautés et en utilisant les connaissances et les traditions de leurs citoyens.

Pour en savoir plus sur l’étude « Best Practice in Maritime Spatial Planning », veuillez utiliser le lien fourni ci-dessous :

http://extranet.greens-efa-service.eu/public/media/file/1/6757

Joshua Allan

Joshua Allan est originaire de Beamsville, en Ontario, et a obtenu son diplôme de l'université Bishop's en juin 2020, après avoir étudié les langues étrangères et la politique. Son activité politique au sein de sa communauté comprend la défense des droits environnementaux lors de la marche des Vendredis du Futur à Sherbrooke, QC, en octobre 2019. Il s'intéresse notamment à la politique canadienne et internationale, à la politique environnementale et aux droits des autochtones.

More Posts

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here