Avec un plan climat insignifiant et une stratégie énergétique étroitement liée à la Russie, TotalEnergies est aujourd'hui la cible des mouvements climatiques. 

L'assemblée générale de TotalEnergies a débuté dans une salle presque vide, en raison du blocage organisé par les ONG qui dénoncent l'hypocrisie climatique du géant français de l'énergie. L'assemblée générale s'est tenue pour la première fois depuis deux ans, en personne, à la salle Pleyel, à Paris (8e arrondissement). Peu avant 8 heures, des centaines de militants de plusieurs ONG se sont rassemblés pour bloquer l'accès aux actionnaires.

Enchaînés les uns aux autres pour ne pas être évacués, de violentes altercations ont alors eu lieu entre les militants, les actionnaires et la police. J'ai eu la chance de m'entretenir avec Mme Dezaunay, attachée de presse de TotalEnergies, qui a déclaré que le groupe "dénonce les violences qui ont pu se produire, y compris à l'égard des actionnaires".

https://www.amisdelaterre.org/communique-presse/blocage-total-mouvement-climat-empeche-ag-totalenergies-exige-sortie-energies-fossiles/ BLOCAGE DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE LE 25 MAI 2022 À LA SALLE PLEYEL. TotalEnergies est désormais la cible des mouvements pour le climat.

Les motivations des activistes étaient claires : pour dénoncer le "projet Eacop" de TotalEnergies et sa présence en Russie. Ce projet est accusé d'être une véritable bombe climatique pour notre avenir. Il consiste en la construction d'un oléoduc qui sera situé au Mozambique, en Ouganda et en Tanzanie. D'après Agence internationale de l'énergie, cette idée va totalement à l'encontre des accords de Paris.

Malgré ces accusations, plus de 80% des actionnaires ont accepté la stratégie climatique de Patrick Pouyanné, le directeur général de TotalEnergies. M. Pouyanné a affirmé lors de son discours lors de l'assemblée générale, que ce projet serait à faible intensité de carbone, et qu'il assurerait le maintien d'un bon mode de vie pour les communautés locales : "Le projet a été conçu et développé par un grand nombre d'équipes scientifiques afin de protéger l'environnement".

Pour beaucoup, ces engagements ne seraient qu'un écran de fumée, loin d'être représentatifs d'un réel progrès en matière de climat. GreenPeace a affirmé dans un Communiqué de presse que plus de 100 000 personnes étaient déjà directement ou indirectement affectées par ce projet. L'extraction de pétrole dans ces régions menacera grandement les réserves naturelles mais aussi les lacs, qui représentent la principale source d'eau pour les populations vivant dans les zones environnantes.

Le projet Eacop n'est pas la seule source de mécontentement des militants. Avec la guerre qui se poursuit en Ukraine, nombreux sont ceux qui dénoncent la présence de TotalEnergies en Russie. Depuis 2011, TotalEnergies compte parmi les actionnaires de nombreuses entreprises russes, afin de développer des projets de gaz naturel liquéfié. Les militants présents mercredi 25 maith a exigé le retrait immédiat du géant français de l'énergie du marché russe.

Malheureusement, comme le souligne Patrick Pouyanné, une telle décision mettrait en péril de nombreux ménages français, avec une augmentation sans précédent des prix de l'énergie. C'est donc une stratégie moins radicale que le directeur général de TotalEnergies souhaite adopter : "Nous avons décidé d'engager la suspension progressive de nos activités en Russie", explique-t-il sur le site de l'entreprise. Programme de télévision français BFMTVquelques jours après les événements de Paris.

Ce n'est certainement pas la fin des altercations puisque le projet a été accepté par les actionnaires. La menace du projet Eacop pour notre environnement, selon de nombreuses ONG environnementales, est trop importante pour être ignorée. TotalEnergies continuera d'être la cible des mouvements climatiques puisque son plan climat ne semble pas répondre aux exigences de l'accord de Paris.

Laura Tesson

Laura Tesson est journaliste et étudiante en sciences politiques à l'Université Concordia. Elle est rédactrice au Centre canadien d'études stratégiques (CCSS) et a écrit pour le Triton Review, le journal étudiant du Edmonds College (États-Unis). Elle s'est impliquée pendant un an dans l'Edmonds Green Team, qui vise à inciter les étudiants à adopter des pratiques durables et à leur donner les moyens de le faire. Elle s'intéresse au journalisme politique et au développement durable.

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