Alors que le gouvernement fédéral envisage de consacrer près de 100 milliards de dollars à l’achat de nouveaux sous-marins, une voix politique se démarque clairement au Canada : celle d’Alex Tyrrell, chef du Parti Vert du Québec. Lors d’une récente édition de la Canadian Foreign Policy Hour, l’auteur et militant anti-guerre Yves Engler a souligné l’absence presque totale d’opposition politique à ce projet.
« Alex Tyrrell est, à ce que je peux voir, le seul politicien au pays qui s’est prononcé là-dessus — le chef du Parti Vert du Québec. »
Yves Engler
Cette reconnaissance est importante. Pendant que presque toute la classe politique accepte ou évite de remettre en question cette dépense gigantesque, Alex Tyrrell a choisi de dénoncer publiquement l’achat de sous-marins et de mettre cette décision en contraste avec la crise du logement.
Dénoncer les sous-marins devant un campement de personnes sans logement
Alex Tyrrell, Yves Engler et Lina Zdruli, candidate du Parti Vert du Québec, se sont rendus devant le campement de la rue Notre-Dame, à Montréal, où des centaines de personnes vivent sous des tentes. Le choix du lieu était volontaire. Il visait à illustrer concrètement les priorités inversées du gouvernement fédéral.
« Il y a des centaines de tentes installées ici, où des gens vivent parce qu’ils n’ont aucun endroit où aller », a déclaré Alex Tyrrell. Il a rappelé que plusieurs personnes avaient perdu leur logement autour du 1er juillet et qu’elles se retrouvaient désormais dans des campements qui se multiplient à Montréal et ailleurs au Canada.
Pendant ce temps, le gouvernement fédéral s’est engagé à hausser massivement les dépenses militaires, jusqu’à l’équivalent de 5 % du produit intérieur brut. Selon Alex Tyrrell, une telle somme représenterait environ le tiers du budget fédéral. Le projet de sous-marins, à lui seul, pourrait atteindre près de 100 milliards de dollars. Répartie sur l’ensemble de la population canadienne, cette somme représente environ 2 400 dollars par personne, ou près de 10 000 dollars pour une famille de quatre personnes. « Les priorités du Canada sont complètement à l’envers », a-t-il affirmé.
Pour le chef du Parti Vert du Québec, le gouvernement devrait investir dans le logement social, les services publics et la lutte contre l’itinérance plutôt que dans de nouveaux équipements militaires.
Lina Zdruli dénonce des conditions indignes

Lina Zdruli, candidate du Parti Vert du Québec a pour sa part décrit les réactions de ses amis vivant dans des régions touchées par des conflits ou des catastrophes. Lorsqu’elle leur a montré des images du campement montréalais, certains lui ont dit qu’ils n’arrivaient pas à croire que de telles conditions existaient au Canada.
Des personnes vivent sans eau courante, sans installations sanitaires, sans électricité et doivent improviser leurs propres abris avec les ressources disponibles.
« C’est inacceptable », a affirmé Lina Zdruli.
Pour la candidate du Parti Vert du Québec, un pays incapable de garantir des besoins fondamentaux à sa propre population ne devrait pas investir un seul dollar supplémentaire dans la guerre.
« Si nous n’avons pas l’argent pour fournir de l’eau courante, de l’électricité, des installations sanitaires et des droits fondamentaux à chaque personne au Canada, nous ne devrions certainement pas investir un seul dollar de plus dans la machine de guerre. »
Une opposition politique qui dérange
Alors qu’Yves Engler identifie Alex Tyrrell comme le seul politicien canadien qu’il a vu s’opposer ouvertement au projet de sous-marins, une partie importante de la couverture médiatique entourant le chef du Parti Vert du Québec porte très peu sur cette prise de position.
Au lieu de débattre du coût des sous-marins, de leur utilité militaire ou de leurs conséquences sur les finances publiques, des chroniqueurs comme Richard Martineau préfèrent présenter Alex Tyrrell comme un extrémiste, un politicien « pro-russe » ou un personnage peu crédible. Ces attaques permettent d’éviter les questions essentielles.
Lorsqu’un politicien est presque seul à dénoncer une dépense militaire de cette ampleur, il devient plus facile de l’isoler que de répondre à ses arguments. Les attaques de Richard Martineau et compagnie contribuent à détourner l’attention du fond du débat. Elles cherchent à transformer une opposition politique légitime en controverse personnelle.
Les chiffres sont astronomiques
Près de 100 milliards de dollars pour des sous-marins représentent 2 400 dollars pour chaque personne au Canada. Cela représente près de 10 000 dollars pour une famille de quatre personnes.
Pendant ce temps, des centaines de personnes vivent sous des tentes à Montréal, sans eau courante, sans installations sanitaires et sans certitude quant à leur avenir.
Lorsque presque toute la classe politique accepte la militarisation et que les grandes voix médiatiques attaquent ceux qui la contestent, il devient d’autant plus important de refuser de se taire.













