Le Parti vert du Québec propose une réduction obligatoire des loyers de 5 % par année pendant quatre ans afin de s’attaquer directement à la crise du logement.

MONTRÉAL — Le Parti vert du Québec a présenté une proposition ambitieuse en vue de l’élection provinciale de 2026 : une réduction obligatoire des loyers de 5 % par année pendant quatre ans, pour une baisse totale d’environ 20 %.

La mesure vise à offrir un soulagement immédiat aux locataires tout en s’attaquant à ce que le parti décrit comme une surenchère immobilière alimentée par la spéculation et la hausse constante des loyers.

Lors d’un point de presse, le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, a expliqué que la crise du logement touche désormais une part croissante de la population québécoise.

« Partout à travers le Québec, les gens ont de plus en plus de difficultés à joindre les deux bouts », a-t-il déclaré. « On voit des loyers qui explosent, des familles qui doivent consacrer une part énorme de leurs revenus au logement, et une augmentation des cas portés devant le Tribunal administratif du logement. »

Selon le parti, la hausse des loyers dépasse largement l’évolution des revenus. Tyrrell souligne que depuis 2010, les salaires ont augmenté d’environ 35 %, alors que le coût des logements aurait grimpé d’environ 65 %.

« Les gens qui travaillent à temps plein, même au salaire minimum, devraient pouvoir se payer un logement et payer leur épicerie », a-t-il affirmé.

Une baisse obligatoire des loyers

Le plan proposé par le Parti vert s’appuie sur un mécanisme déjà existant. Chaque année, le gouvernement du Québec établit un pourcentage de hausse de loyer recommandé ou permis.

Le parti propose simplement d’inverser cette logique en utilisant ce même pouvoir pour imposer une baisse progressive des loyers.

La politique prévoit :

• une réduction de 5 % des loyers la première année
• une réduction supplémentaire de 5 % chaque année pendant quatre ans
• une baisse totale d’environ 20 % des loyers à la fin du mandat

Selon le parti, cette mesure permettrait d’alléger rapidement la pression financière sur les locataires.

Réduire la pression spéculative

Le Parti vert affirme également que cette politique vise à corriger ce qu’il considère comme une bulle immobilière alimentée par les attentes de hausses constantes de loyers.

« Les immeubles sont vendus de plus en plus cher parce que les acheteurs pensent que les loyers vont toujours continuer à augmenter », a expliqué Tyrrell.

Selon lui, cette logique pousse certains investisseurs à payer des prix très élevés pour des immeubles locatifs, en comptant sur des hausses futures de loyers pour rentabiliser leur achat.

« On se retrouve dans une situation où les propriétaires doivent augmenter les loyers simplement pour payer leur hypothèque », a-t-il dit.

En réduisant les loyers, le parti estime que la valeur spéculative des immeubles pourrait diminuer graduellement, ce qui contribuerait à stabiliser le marché immobilier.

Prévenir une crise plus grave

Le Parti vert soutient également que des mesures préventives sont nécessaires pour éviter une crise financière plus large.

Tyrrell a évoqué les risques d’un scénario où les prix immobiliers deviennent tellement élevés que les propriétaires très endettés ne peuvent plus assumer leurs hypothèques.

« Si on laisse la situation se détériorer, on pourrait se retrouver dans une crise semblable à celle qu’on a vue aux États-Unis en 2008 », a-t-il déclaré.

Selon lui, intervenir dès maintenant permettrait d’éviter un effondrement incontrôlé du marché immobilier.

Logement et justice sociale

La chef adjointe du Parti vert du Québec, Halimatou Bah, a également souligné les impacts sociaux de la crise du logement.

« Nous voyons une augmentation visible de l’itinérance dans plusieurs villes du Québec », a-t-elle déclaré. « Pour moi, c’est inacceptable dans une société développée. »

Elle a également insisté sur le lien entre la crise du logement et la sécurité des femmes, en particulier celles qui cherchent à quitter une situation de violence conjugale.

« Pour quitter un conjoint violent, il faut avoir un endroit où aller », a expliqué Bah. « Or, dans le contexte actuel, trop souvent ce logement n’existe pas. »

Selon elle, l’accès à un logement sécuritaire est une condition essentielle pour sortir de la violence et reconstruire sa vie.

« Le logement est la base. La base pour sortir de l’itinérance, la base pour sortir de la violence et la base pour reconstruire une vie. »

Une question centrale de la campagne

Le Parti vert affirme vouloir faire de la réduction des loyers un thème central de la prochaine campagne électorale.

« Un vote pour le Parti vert du Québec, c’est un vote pour baisser votre loyer », a déclaré Tyrrell.

La proposition distingue le parti des autres formations politiques québécoises. Alors que plusieurs partis parlent de limiter ou d’encadrer les hausses de loyers, le Parti vert affirme être le seul à proposer une réduction directe des loyers pour répondre à la crise actuelle.