En politique, l’insulte peut parfois devenir un argument de vente. C’est la leçon que donne Tania Waikato, nouvelle figure du Parti vert néo-zélandais. Récemment qualifiée de « chasseuse de sorcières en chef » par l’organisation Hobson’s Pledge — un groupe connu pour ses positions critiques envers les droits issus du Traité de Waitangi — l’ancienne avocate a décidé de s’approprier le titre.
Plutôt que de se lancer dans une bataille judiciaire ou un communiqué d’indignation, Tania Waikato a lancé une ligne de t-shirts et de casquettes arborant ce surnom. Objectif : transformer la tentative de diffamation en levier de financement pour sa campagne électorale de 2026.
L’origine de la discorde : le Traité de Waitangi
Le groupe Hobson’s Pledge reproche à la candidate d’avoir créé la liste Rārangi Rangatira, un recensement des écoles s’engageant à continuer d’appliquer les principes du Traité de Waitangi (l’acte fondateur de la nation entre la Couronne et les Maoris).
Pour Waikato, l’attaque est tombée à plat. « Vu la portée extrême, voire diffamatoire, de ces publications, j’ai ri quand on m’en a parlé », confie-t-elle, précisant qu’elle recevait la nouvelle alors qu’elle faisait du parapente. Pour elle, le calcul est simple : « Nous allons contrer leur tentative de dissuasion (…) et en tirer des fonds. C’est du gagnant-gagnant. »
Humour contre « idéologie colonialiste »
L’attaque de Hobson’s Pledge s’appuyait également sur une vidéo humoristique où la candidate, en plein playback sur du Madonna, plaisantait sur la difficulté de ne pas « frapper » David Seymour (leader du parti ACT et figure de la droite).
Si les conservateurs ont tenté d’y voir une incitation à la violence, Tania Waikato dénonce une manipulation grossière. « C’était clairement une blague. Ils essaient juste de ressortir cette vieille idéologie colonialiste éculée qui présente les Maoris comme des sauvages », rétorque-t-elle.
Un soutien massif sur les réseaux
La manœuvre semble porter ses fruits. Sur les réseaux sociaux, ses partisans ont immédiatement tourné en dérision les méthodes de Hobson’s Pledge, faisant référence à leurs récents échecs publicitaires. En détournant les codes de la « cancel culture » à son profit, Tania Waikato s’assure non seulement un budget de campagne, mais renforce aussi son image de candidate intrépide, prête à briser les codes traditionnels de Westminster pour défendre ses convictions.
À quelques mois du scrutin de 2026, la « chasseuse de sorcières » des Verts semble avoir déjà gagné la bataille de l’image.
Le chiffre : 2026
L’année des prochaines élections législatives en Nouvelle-Zélande, pour lesquelles Tania Waikato a déjà commencé à écouler ses produits dérivés « collector ».


























