C’est un rideau qui tombe et qui laisse un vide immense dans le paysage culturel de la capitale. Le Complex, lieu hybride mêlant galeries, salles de spectacles et studios de création, a fermé ses portes cette semaine. Pour les Verts irlandais, cette disparition n’est pas seulement une perte locale, mais le signe d’un échec politique profond.
Un quartier « cruellement déçu »
Janet Horner, conseillère municipale pour le nord du centre-ville, ne cache pas son amertume. Pour elle, le décalage entre les promesses ministérielles et la réalité du terrain est devenu insupportable. « Malgré tous les discours sur la revitalisation du centre-ville, les députés et ministres ont cruellement déçu ce quartier et ses artistes », a-t-elle déclaré, rappelant que la valeur d’un espace culturel indépendant est irremplaçable une fois perdue.
Un paradoxe international
Le timing de cette fermeture est d’autant plus difficile à accepter pour la porte-parole des Verts pour les arts, Donna Cooney. Elle souligne un paradoxe frappant : alors que le modèle irlandais de soutien aux artistes — notamment le revenu de base pour les arts instauré par les Verts lors de leur précédent passage au gouvernement — est cité en exemple par des pays comme le Canada, la Corée du Sud ou la Norvège, la ville de Dublin laisse s’effondrer ses propres piliers.
« La fermeture du Complex nuit à la réputation de la culture irlandaise à l’international », prévient Donna Cooney. Elle y voit la preuve d’un manque de compréhension flagrant du gouvernement actuel envers les écosystèmes de création.
Jeunesse et avenir artistique en péril
Au-delà de la perte d’un lieu de divertissement, c’est l’outil de travail de toute une génération qui disparaît. Le site hébergeait dix-sept ateliers d’artistes désormais inaccessibles.
Pour Adam Devine, coprésident des Jeunes Verts, cette fermeture fragilise durablement le parcours des jeunes souhaitant faire carrière dans les arts. « Les jeunes réclament des activités, des galeries, des concerts. Le Complex offrait tout cela en plein cœur de Dublin. En le fermant, c’est un pan d’histoire qui disparaît, mais aussi un pan d’avenir », déplore-t-il.
Situé stratégiquement sur la ligne rouge du Luas, le Complex représentait un point d’ancrage social et créatif. Sa disparition relance le débat sur la gestion des espaces urbains et la priorité accordée à la culture face à la pression immobilière et au désengagement de l’État.
Le Complex en chiffres :
- 17 : Le nombre d’ateliers d’artistes définitivement fermés.
- 1 : Un lieu multidisciplinaire unique (galeries, humour, concerts, studios).
- Nord du centre-ville : Un quartier en quête de revitalisation qui perd son cœur artistique.


























