Montréal — Alors que les tensions s’intensifient au Moyen-Orient à la suite des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, les partis politiques québécois sont restés largement silencieux. À ce jour, le Parti vert du Québec semble être le seul parti politique de la province à avoir clairement condamné la guerre.

Alors que plusieurs gouvernements occidentaux débattent des implications du conflit, les principaux partis politiques québécois — dont la Coalition Avenir Québec, Québec solidaire, le Parti Québécois et le Parti libéral du Québec — n’ont pas émis de condamnation claire de l’intervention militaire.

Le Parti vert du Québec a plutôt publié une déclaration dénonçant les frappes et avertissant que cette escalade pourrait plonger la région et le monde dans un chaos encore plus grand.

« Ces gestes ne vont absolument rien apporter pour la paix mondiale. Au contraire, ils risquent de plonger le monde dans le chaos », a déclaré le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell.

Tyrrell a également critiqué l’appui du gouvernement canadien à l’opération militaire, affirmant que l’argument selon lequel un changement de régime pourrait être imposé par des bombardements étrangers est dangereux et illégitime.

« Le futur de l’Iran devrait être décidé par les gens qui habitent en Iran. Ils n’ont pas besoin de bombes américaines ou israéliennes pour provoquer le changement », a-t-il ajouté.

Un silence politique

L’absence de réaction claire de la part des autres partis québécois est notable étant donné les conséquences potentielles d’un tel conflit. Les guerres au Moyen-Orient ont historiquement entraîné des répercussions géopolitiques importantes, allant de crises humanitaires à des chocs économiques mondiaux.

Jusqu’à présent, les principaux partis politiques de la province ont largement évité de prendre position sur les frappes elles-mêmes.

Le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a commenté les implications géopolitiques du conflit, évoquant notamment les effets possibles de l’instabilité internationale sur les débats politiques au Québec. Ses propos ne constituaient toutefois pas une condamnation de l’intervention militaire.

Du côté de Québec solidaire, la réaction est également restée ambiguë. La co-porte-parole Ruba Gazal a publié un message évoquant les souffrances humaines causées par la guerre et les conséquences pour les femmes et les enfants, sans toutefois condamner clairement les frappes américaines et israéliennes ni l’escalade militaire elle-même. Cette déclaration, formulée en termes généraux sur les horreurs de la guerre, a été critiquée par certains observateurs qui y voient une absence de position claire sur l’intervention.

Ni la Coalition Avenir Québec ni le Parti libéral du Québec n’ont dénoncé publiquement les frappes ou la guerre.

Les Verts appellent à la désescalade

Le Parti vert du Québec appelle plutôt le Canada à retirer son soutien à la guerre et à privilégier les solutions diplomatiques.

Selon le parti, les interventions militaires étrangères ont à plusieurs reprises déstabilisé le Moyen-Orient, et une paix durable ne peut être obtenue que par des solutions politiques et négociées.

Alors que les tensions continuent de monter, les Verts avertissent que le conflit actuel pourrait s’étendre et provoquer une guerre régionale plus large.

« L’escalade militaire ne fera qu’apporter davantage de souffrance et d’instabilité. Le Canada devrait travailler pour la paix, pas soutenir une nouvelle guerre », a conclu Tyrrell.