La démocratie dépend de la volonté des citoyens ordinaires de s’engager dans la vie publique. Lorsqu’une personne talentueuse décide de se présenter comme candidate, elle doit s’attendre à être soumise à l’examen public, aux critiques et aux débats. En revanche, elle ne devrait pas devenir la cible d’une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux orchestrée par des personnalités médiatiques influentes avant même d’avoir eu la possibilité de se présenter aux électeurs.
C’est pourtant exactement ce qui est arrivé à l’ancienne candidate du Parti Vert du Québec dans Borduas, Maryse Letarte.
Lorsque Maryse, une artiste connue pour sa musique de Noël et ses productions destinées aux enfants, a annoncé sa candidature, elle l’a fait parce qu’elle croyait que le Parti Vert représentait le mieux ses valeurs. Notre plateforme électorale trouvait un écho chez elle et elle y adhérait pleinement. Dans ses sorties publiques, elle parlait avec enthousiasme de la protection de l’environnement, du bien-être animal, de l’agriculture locale et de son opposition à l’escalade militaire. Avant même l’annonce de sa candidature, nous l’avions informée que le parti faisait régulièrement l’objet d’attaques médiatiques en raison de son opposition à l’escalade de la guerre en Ukraine. Elle nous avait indiqué comprendre cette réalité et être prête à défendre la paix, même lorsque cette position suscitait la controverse. Elle affirmait publiquement que le Parti Vert du Québec incarnait ses convictions écologistes, progressistes et pacifistes et défendait notre opposition à la guerre et à l’augmentation des dépenses militaires.
Quelques jours plus tard, Richard Martineau, l’un des chroniqueurs conservateurs les plus influents du Québec qui est anti féministe, anti vegan, anti paix, anti palestinien, anti gauche et islamophobe, l’a publiquement prise pour cible sur les réseaux sociaux, l’accusant d’appuyer la Russie simplement parce qu’elle représentait un parti opposé à l’escalade militaire et à l’augmentation des dépenses militaires. La publication de M. Martineau, amplifiée par son importante communauté sur les réseaux sociaux et par sa tribune dans le quotidien le plus lu au Québec, a été suivie de centaines de commentaires hostiles visant Maryse. Pour une personne qui faisait ses premiers pas en politique, il s’agissait d’une entrée particulièrement brutale dans la vie publique.
Dans les premières heures Mme Letarte a resté ferme sur ses convictions anti guerre tout en dénonçant la campagne de salissage de Martineau:

Ensuite, sous une énorme pression, avec les commentaires qui devenaient de plus en plus agressifs, insultant et nombreux elle a changé son fusil d’épaule.
Dans sa lettre de démission adressée au parti, Maryse écrivait avoir reçu « des centaines » de commentaires négatifs, avoir été victime de harcèlement en ligne et demandait le retrait immédiat de son profil du site web du parti afin de mettre fin à cette situation. Elle a quitté ses fonctions de candidate quelques jours seulement après l’annonce de sa candidature.
Ce qui a suivi est encore plus préoccupant.
En l’espace de quelques jours, elle est passée de la défense publique de notre plateforme pacifiste à remercier Richard Martineau de lui avoir fait changer d’avis et à encourager d’autres personnes à parvenir aux mêmes conclusions.
Chacun est libre de changer d’opinion.
Cependant, la démocratie souffre lorsque la participation politique est davantage façonnée par des campagnes de pression sur les réseaux sociaux que par un débat réfléchi. Aucun candidat ne devrait être poussé à abandonner sa campagne, ou son opposition a la course a l’armement et les guerres en raison du harcèlement en ligne ou parce que des personnalités médiatiques influentes mobilisent des milliers de personnes contre elle sur la base de fausse informations. Cette campagne de désinformation, disait essentiellement que le Parti Vert du Québec, un parti résolument pacifiste appuierait la guerre et l’invasion de l’Ukraine.
La prestige d’être chroniqueur vedette au Journal de Montreal ne viens pas avec un filtre. Quelques mois plus tot Martineau avait traité une femme de la gauche Québécoise de « pauvre conne, pauvre imbicille » en direct a la radio. Plusieurs figures publiques ont carrément peur de Richard Martineau, d’être la cible de sa cornique et de sa haine.
Cet épisode soulève également une question fondamentale concernant la concentration des médias au Québec.
Lorsqu’une poignée de conglomérats médiatiques possède la capacité d’amplifier des attaques contre des candidats tout en contrôlant une grande partie de la conversation publique, la démocratie s’en trouve affaiblie. Le journalisme indépendant est essentiel. La concentration des médias ne l’est pas. Les citoyens méritent d’avoir accès à une véritable diversité de points de vue plutôt qu’à un débat public façonné par de la désinformation fait par un petit nombre de personnalités et de groupes médiatiques.
Nous regrettons également que sa première expérience en politique se soit terminée par une vague de harcèlement et d’hostilité en ligne. Cela dit, nous demeurons convaincus que la démocratie repose sur la capacité des citoyens ordinaires à participer à la vie politique sans craindre l’intimidation, les campagnes de dénigrement basé sur des fausses informations.
La solution n’est pas de réduire le nombre de voix qui s’expriment, mais de les multiplier. Une démocratie en santé exige un journalisme indépendant, une réelle diversité dans la propriété des médias et le courage de citoyens ordinaires prêts à s’engager en politique sans avoir à craindre les représailles de puissants empires médiatiques des qu’ils s’oppose au militarisme.
Alex Tyrrell
Chef du Parti Vert du Québec





























