A l’occasion de la Journée nationale du pardon, les Verts australiens ont demandé au gouvernement fédéral d’adopter un programme national de compensation pour les survivants des générations volées.

Qu’est-ce que la Journée nationale du pardon?

La Journée nationale du pardon est un événement annuel organisé en Australie le 26 mai, depuis 1998. Pendant cette journée, l’Australie se souvient et reconnaît les mauvais traitements infligés aux les Aborigènes et les insulaires du détroit de Torres qui ont été retirés de leurs familles et de leurs communautés. Ces personnes sont désormais communément appelées les « générations volées » (Stolen generations).

Le 26 mai 1988, une enquête nationale a permis de faire la lumière sur les politiques et autres pratiques qui ont conduit au retrait forcé d’enfants aborigènes de leur famille. Le rapport qui en a résulté, connu sous le nom de Bringing Them Home, a marqué un moment crucial dans le processus de guérison de nombreux membres des générations volées.

Toutefois, ce n’est qu’en 2008 que le gouvernement australien a présenté des excuses officielles aux populations indigènes d’Australie pour avoir injustement retiré des générations d’enfants de leurs familles, leur infligeant ainsi une profonde douleur.

Qu’a fait le gouvernement depuis lors ?

Lors de sa publication en 1997, le rapport Bringing Them Home recommandait la création d’un fonds national d’indemnisation pour dédommager les quelque 17 150 victimes des préjudices subis du fait des pratiques du gouvernement australien.

Cependant, aucun gouvernement fédéral n’a mis en œuvre un tel programme. Seuls les gouvernements des États du Queensland, de la Nouvelle-Galles du Sud, de la Tasmanie, de l’Australie-Méridionale et de l’Australie-Occidentale ont indemnisé les générations volées pour leur souffrance. En outre, les survivants du Territoire du Nord ont lancé une action collective contre le gouvernement fédéral pour obtenir une compensation adéquate.

En outre, même vingt-quatre ans après la publication du rapport, on estime que les enfants aborigènes et insulaires du détroit de Torres ont 10,6 fois plus de risques d’être retirés de leur foyer que les enfants non aborigènes.

« Pour garantir les droits et l’avenir de nos enfants, nous devons guérir le passé – et non continuer à séparer les enfants de leur communauté, de leur culture et de leurs proches. »

Catherine Liddle, Présidente du SNAICC

Catherine Liddle, dirigeante du National Voice for Aboriginal and Torres Strait Islander children (SNAICC), appelle à une collaboration plus proactive avec la communauté aborigène dans l’élaboration d’une réponse efficace.

« Nous devons reconnaître que les aborigènes et les insulaires du détroit de Torres sont les experts qui fournissent des services adaptés à la culture de nos enfants et de nos familles », a-t-elle déclaré sur le site web de l’organisation.

Elle a ajouté : « Les gouvernements doivent investir davantage dans nos programmes de guérison et de soutien communautaires qui répondent aux traumatismes des enfants, des familles et des communautés ».

Aujourd’hui, Lidia Thorpe, sénatrice des Verts de l’État de Victoria et femme Gunnai Gunditjmara et Djab Wurrunga, a annoncé un plan pour un programme national cohérent qui compensera de manière plus adéquate les générations volées pour les douleurs qu’elles ont endurées.

Que comprendrait le plan de rémunération ?

Selon les Verts, le programme prévoit verser 200 000 dollars à chaque survivant des membres des générations volées afin de soutenir ces personnes et leurs familles. Le dispositif prévoit également un paiement unique de 7 000 dollars pour les frais d’obsèques, ce qui contribuerait à alléger leur fardeau financier.

À l’approche de la Journée nationale des excuses, j’annonce aujourd’hui un projet de régime d’indemnisation national pour les survivants de la « Génération volée ».
La génération volée vieillit et nous manquons de temps pour rendre justice.
Déclaration complète aux médias ici
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– Sénatrice Lidia Thorpe

En outre, les générations volées recevront un paquet secondaire visant à améliorer leur santé mentale et à soulager leur détresse émotionnelle alors qu’elles continuent à guérir de leur traumatisme.

La sénatrice Thorpe a décrit la création de ce plan et son annonce comme un « moment émouvant ». Elle appelle maintenant le gouvernement fédéral australien à mettre en œuvre le plan afin d’apporter aux familles leur justice et leur paix.

« Le pardon ne peut pas être seulement un mot, nous avons besoin que le pardon soit une action – réparer nos [générations] volées afin qu’elles puissent avoir une sorte de normalité dans leur vie.« 

– Lidia Thorpe, sénatrice des Verts de l’État de Victoria et femme Gunnai Gunditjmara et Djab Wurrunga

Dans une vidéo annonçant le projet, Mme Thorpe a dénoncé le manque de mesures prises pour réparer les dommages subis aux Premières nations.

« J’ai vu tant de nos concitoyens mourir en attendant la justice, en attendant la paix. C’est ma communauté, c’est notre communauté, et notre peuple continue de vivre dans la pauvreté. Ils continuent à ressentir les effets de l’éloignement de leurs familles et de leurs communautés », a-t-elle déclaré.

Ainsi, les Verts continuent de montrer la voie dans la lutte pour apporter la paix et la justice aux générations volées, ainsi qu’à leurs familles.

Maëli Coutu-Lupien

Maëli Coutu-Lupien poursuit présentement un baccalauréat en relations internationales et droit international à l'UQAM. Elle a obtenu son baccalauréat en linguistique avec une mineure en allemand en 2019 de l'Université de Concordia. En 2019, elle a travaillé en tant que stagiaire au département des relations avec les médias à l'Ambassade du Canada à Washington D.C. Pendant son temps libre, elle aime lire, faire des promenades dans la nature et faire du kayak.

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