Lors de la session plénière, après l’examen minutieux de 158 propositions en troisième lecture, le Parlement a adopté deux amendements polémiques (n° 61 et n° 62). Ces dispositions permettent désormais à des ressortissants étrangers de demander un permis de séjour temporaire (TUA) d’une durée allant jusqu’à cinq ans. En contrepartie, ils doivent transférer 150 000 euros vers un fonds d’investissement public et verser 10 000 euros au budget de l’État.
Pour les Progressistes, cette mesure revient concrètement à restaurer le commerce opaque des permis de séjour en Lettonie. L’initiative, portée par le député Andris Kulbergs (« Liste Unie »), a reçu le soutien de plusieurs factions majeures, notamment la « Liste Unie », « La Lettonie d’abord », « l’Union des Verts et des Agriculteurs », ainsi que la faction « Nouvelle Unité ».
Menaces sécuritaires et géopolitiques
Les Progressistes rappellent que les « visas dorés » ont été historiquement abolis en raison des graves dérives qui leur sont associées. Ils pointent du doigt des risques sécuritaires majeurs, en particulier dans le contexte géopolitique actuel de la région de la mer Baltique.
Le parti énumère plusieurs menaces liées à ce système :
- L’infiltration potentielle d’individus indésirables sur le territoire national.
- L’opacité totale concernant l’origine des fonds investis.
- Le risque d’un contournement massif des sanctions internationales en vigueur.
- Une déstabilisation et une spéculation accrue sur le marché immobilier local.
« Cette décision va totalement à l’encontre de la politique étatique actuelle et des tendances observées au sein de l’Union européenne », a déclaré le parti. Les écologistes exigent qu’une évaluation approfondie de l’impact économique et des conséquences sur la réputation de la Lettonie au sein de l’espace Schengen soit menée avant toute promulgation.
Un retour en arrière après des années d’efforts
Cette volte-face législative inquiète d’autant plus que la Lettonie avait entamé un assainissement drastique de son secteur financier. À la suite d’un rapport extrêmement critique de Moneyval en 2018 et sous la pression internationale, le pays avait réformé sa loi sur l’immigration. Cela avait mis fin à la pratique initiée en 2010 par Ainārs Šlesers, qui accordait des permis de séjour contre des investissements ou des achats immobiliers.
Le Service de renseignement financier letton (FID), chargé d’auditer ces anciens investissements, avait d’ailleurs confirmé la réalité des risques financiers et de blanchiment d’argent liés à ce modèle. Pour les Progressistes, réouvrir cette porte met en péril une décennie d’efforts de transparence.


























