En février, le président Joe Biden a suspendu les ventes d’armes américaines à l’Arabie saoudite dans le but de mettre fin à la guerre au Yémen. Cette décision représente un changement majeur dans la politique étrangère des États-Unis et a été saluée par la communauté internationale. Le Parti vert écossais a appelé l’Écosse à suivre l’exemple des États-Unis et à mettre fin à toutes les subventions en espèces accordées aux entreprises qui profitent de la guerre.

La guerre au Yémen : la pire crise humanitaire au monde

Selon l’Organisation des Nations unies (ONU), la guerre au Yémen menée par l’Arabie saoudite représente la pire crise humanitaire au monde. Depuis 2015, l’implication saoudienne dans le conflit au Yémen a entraîné la mort de milliers de civils.

Le pays a également connu d’importants problèmes de santé dus au conflit, tels qu’une importante épidémie de choléra et une famine généralisée. L’ONU affirme d’ailleurs que 80 % du pays a besoin d’une aide humanitaire d’urgence.

Le rôle de l’Écosse dans l’alimentation de la crise

Les Verts écossais ont souligné que le Parti national écossais est loin d’être irréprochable dans sa contribution au conflit yéménite. Il a été démontré que les agences gouvernementales financent directement les marchands d’armes qui encouragent les crimes de guerre.

Selon le site web des Verts écossais, le porte-parole des affaires extérieures Ross Greer a déclaré : « Cette démarche de la Maison Blanche pourrait constituer un grand pas vers la fin de cette terrible guerre. Si Boris Johnson veut contribuer à mettre fin à l’immense souffrance du peuple yéménite, il doit suivre l’exemple du président Biden. »

Joe Biden retire le soutien des États-Unis à la campagne de bombardement saoudienne au Yémen, alors pourquoi le gouvernement écossais continue-t-il à verser des fonds publics aux fournisseurs d’armes saoudiens ? – Ross Greer, Président exécutif du Parti Vert écossais

L’Arabie saoudite utilise systématiquement des armes produites par des fabricants d’armes tels que BAE, Leonardo et Raytheo. Malgré les nombreuses preuves incriminant ces entreprises, celles-ci continuent d’obtenir des fonds publics de Scottish Enterprise, une agence du gouvernement écossais.

En fait, les statistiques du gouvernement montrent que le Royaume-Uni a accordé des licences d’armes d’une valeur d’au moins 6,8 milliards de livres sterling aux forces saoudiennes depuis le début de la guerre.

« Si le gouvernement écossais veut être à la hauteur de sa propre rhétorique sur les droits de l’homme, il doit mettre fin à ces aides immédiatement », a déclaré M. Greer tel que rapporté par le Morning Star.

Il convient également de noter que le Royaume-Uni a récemment fait l’objet de critiques après que le gouvernement a annoncé sa décision de réduire de 50 % l’aide étrangère au Yémen. Le gouvernement a justifié cette décision en invoquant les difficultés financières que le Royaume-Uni rencontre à cause de COVID-19.

La réponse du gouvernement britannique

Scottish Enterprise a rétorqué que les millions donnés aux entreprises d’armement sont destinés à les aider à diversifier leurs activités. Toutefois, elle n’a pu fournir de preuves susceptibles d’étayer cette affirmation.

L’agence a ajouté que tout contrôle est « fondé sur des preuves indépendantes provenant de sources faisant autorité ». Ainsi, si les enquêtes soulèvent des préoccupations en matière de droits de l’homme, le soutien à ces entreprises pourrait être réduit, rapporte le Morning Star.

Cependant, Emma Cockburn, coordinatrice pour l’Écosse de la Campagne contre le commerce des armes, a déclaré que « les assurances du gouvernement écossais selon lesquelles ces fonds publics sont destinés à soutenir les efforts de diversification ne signifient pas grand-chose lorsqu’ils profitent encore à des entreprises qui tirent profit de la guerre et de l’instabilité mondiale. »

Par conséquent, le gouvernement écossais devrait examiner sa propre relation intime avec ces entreprises d’armement. L’agence pourrait également réévaluer ses critères lorsqu’elle décide de l’octroi d’une licence.

Maëli Coutu-Lupien

Maëli Coutu-Lupien poursuit présentement un baccalauréat en relations internationales et droit international à l'UQAM. Elle a obtenu son baccalauréat en linguistique avec une mineure en allemand en 2019 de l'Université de Concordia. En 2019, elle a travaillé en tant que stagiaire au département des relations avec les médias à l'Ambassade du Canada à Washington D.C. Pendant son temps libre, elle aime lire, faire des promenades dans la nature et faire du kayak.

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