Le parti écologiste portugais Os Verdes (PEV) a officiellement interpellé la ministre de l’Environnement et de l’Énergie, Maria da Graça Carvalho, par le biais d’une lettre ouverte. Les Verts exhortent le gouvernement portugais à exercer une pression politique maximale sur son homologue espagnol afin d’obtenir la fermeture définitive et immédiate de la centrale nucléaire d’Almaraz.
Un sursis irresponsable de trois ans pour une centrale vieillissante
Cette mobilisation fait suite à l’avis favorable rendu par le Conseil de sécurité nucléaire (CSN) espagnol, ouvrant la voie à une prolongation de l’activité de la centrale d’Almaraz jusqu’en juin 2030. Pour Os Verdes, l’organisme de réglementation s’est réfugié derrière des considérations purement bureaucratiques, omettant sciemment d’analyser des failles de sécurité fondamentales inhérentes au vieillissement des infrastructures.
La centrale a en effet largement dépassé sa durée de vie utile initiale. Ses deux réacteurs ont été mis en service respectivement en 1983 et 1984 ; ils cumulent désormais plus de 40 ans d’activité continue. Les écologistes jugent le maintien en activité de ces installations hautement instables comme un acte d’une extrême imprudence.
Une menace environnementale aux portes du Portugal
Située à seulement une centaine de kilomètres de la frontière portugaise, la centrale d’Almaraz constitue, selon le PEV, un péril immédiat pour la péninsule ibérique. Les risques d’un incident majeur planent particulièrement sur les districts frontaliers de Castelo Branco et de Portalegre. De plus, une contamination accidentelle du fleuve Tage menacerait l’ensemble des populations riveraines en aval, touchant directement des centres urbains majeurs tels que Santarém, Setúbal et la capitale, Lisbonne.
Bien que les autorités espagnoles mettent en avant des impératifs de stabilité économique et énergétique pour justifier ce sursis de trois ans, les défenseurs de l’environnement rappellent que le gouvernement espagnol conserve le dernier mot décisionnel.
« Le nucléaire n’est pas vert »
À travers cette action d’envergure, le parti Os Verdes souhaite réaffirmer une position historique et universelle. L’énergie nucléaire ne peut en aucun cas être qualifiée de solution écologique en raison des risques systémiques qu’elle fait peser sur l’humanité et la biodiversité. Le mouvement appelle le Portugal à faire front commun et à réitérer haut et fort son refus de l’atome : « Le nucléaire ? Non, merci ! »


























