Le Front Vert-Gauche (ZLF) dénonce une manipulation flagrante du processus démocratique. Les dispositions contestées étaient totalement absentes de la proposition de loi initiale soumise par le gouvernement. Elles ont été intégrées à la dernière minute via un amendement de la Commission parlementaire de l’aménagement du territoire, des transports et des infrastructures lors d’une réunion organisée en urgence, parallèlement à la session plénière de l’Assemblée nationale. Privés d’accès au texte en temps utile, les députés de l’opposition n’ont pas pu s’y opposer à temps.
Sous des dehors protecteurs, l’article 88 modifié stipule d’abord que les forêts brûlées conservent leur statut initial. Pourtant, l’alinéa suivant annule cette protection en facilitant la transformation de ces espaces protégés en terrains à bâtir sur simple approbation d’une commission gouvernementale, ouvrant ainsi la porte à un large éventail de projets immobiliers et industriels.
Des doutes persistants malgré les démentis officiels
Cette réforme est intervenue au moment même où la réserve naturelle de la Deliblatska Peščara – souvent surnommée « le Sahara européen » pour sa biodiversité unique – était en proie à des incendies dévastateurs. Si les ministres de l’Environnement (Sara Pavkov) et de l’Énergie (Dubravka Đedović Handanović) ont fermement nié tout lien entre ces feux et les intérêts de potentiels investisseurs, le manque total de transparence autour de cette loi ne fait qu’accentuer l’inquiétude des défenseurs de l’environnement.
Les exigences du Front Vert-Gauche (ZLF)
Face à cette menace écologique majeure, le ZLF réclame des mesures immédiates :
- L’annulation des amendements contestés et l’ouverture d’une véritable consultation nationale incluant experts et citoyens.
- La transparence du ministère de la Construction et des Transports, qui doit justifier l’introduction tardive de ces dispositions et clarifier les procédures de requalification des forêts.
- Une enquête indépendante pour identifier et publier officiellement les causes exactes des récents incendies.
- Le gel total des sols : l’arrêt immédiat de tout changement d’affectation des terres et de toute coupe de bois dans le périmètre brûlé de la réserve pendant toute la durée des investigations.
- Une restauration écologique stricte basée sur le principe de « perte nette zéro » de biodiversité, en privilégiant la replantation d’espèces indigènes adaptées plutôt que des monocultures à risque.


























