Partido Ecologista Os Verdes
Partido Ecologista Os Verdes

C’est un texte vieux de 30 ans qui s’apprête à franchir une étape décisive dans un climat de tension extrême. Ce samedi 17 janvier 2026, la Commission européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) doivent officialiser leur accord de libre-échange. Un événement que le gouvernement portugais soutient activement, au grand dam des écologistes et des petits producteurs locaux.

Une « concurrence déloyale » programmée

Pour le Parti vert portugais, l’aval donné par le gouvernement AD (Alliance Démocratique) est un coup de poignard porté à la souveraineté alimentaire du pays. Les griefs sont nombreux : l’accord ouvrirait les vannes à des produits agricoles sud-américains (viandes, céréales) ne respectant pas les normes sanitaires et environnementales strictes de l’Union européenne.

« On pénalise nos petits et moyens producteurs en autorisant l’importation de biens traités avec des herbicides et des pesticides interdits chez nous », fustige le parti. Au-delà de l’aspect sanitaire, c’est l’économie des zones rurales du Portugal intérieur, déjà fragiles, qui pourrait s’effondrer sous la pression de cette agriculture ultra-intensive.

Le climat sacrifié sur l’autel du commerce

L’un des points les plus critiques soulevés par les Verts concerne l’incohérence environnementale du projet. Alors que le Portugal affiche des ambitions climatiques fortes, ce traité encouragerait le commerce à longue distance et la déforestation, notamment en Amazonie.

Le parti qualifie de « vagues » et « inefficaces » les clauses de durabilité faisant référence à l’Accord de Paris. Pour les écologistes, stimuler l’importation de produits à fort impact carbone contredit frontalement les engagements de réduction des gaz à effet de serre. L’annonce de 45 milliards d’euros de subventions européennes pour « acheter » le silence des agriculteurs est perçue comme un aveu de la dangerosité du traité.

Un enjeu électoral immédiat

À la veille des élections du 18 janvier, le Parti vert transforme ce dossier en véritable test de souveraineté. En appelant à voter pour António Filipe, les écologistes souhaitent envoyer un signal de protestation massif contre la mainmise des grands groupes économiques sur les ressources naturelles et le bien commun.

« La souveraineté alimentaire et le peuple ne sont pas négociables », martèle le mouvement. Le combat se déplace désormais vers le Parlement européen, ultime rempart avant la ratification définitive d’un accord qui, selon ses détracteurs, menace de transformer le paysage agricole portugais de manière irréversible.


Les points de rupture de l’accord (Janvier 2026) :

  • Sanitaire : Utilisation de pesticides et médicaments vétérinaires interdits dans l’UE.
  • Social : Menace directe sur l’agriculture familiale et les petits exploitants du Portugal.
  • Écologique : Hausse des émissions liée au transport transatlantique et risque accru de déforestation.
  • Économique : Concession aux lobbies industriels au détriment de l’emploi local.