Groen
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Qu’il s’agisse de l’envoi imminent d’un chasseur de mines et de soldats belges dans le détroit d’Ormuz, la Constitution actuelle stipule que le gouvernement fédéral détient le monopole de la décision, le Parlement n’étant que simplement informé. Pour Staf Aerts, ce manque de transparence est inacceptable : « Le déploiement de matériel militaire et d’hommes ne devrait pas se décider dans une atmosphère de marchandage entre ministres au sein du cabinet restreint. De telles opérations de défense méritent un débat ouvert et une décision souveraine du Parlement », fustige-t-il.

Le député écologiste craint que les dossiers militaires ne servent de monnaie d’échange politique : « Un accord pour un délai d’avortement à 14 semaines en échange d’une mission militaire dans le détroit d’Ormuz ? C’est tout à fait possible chez nous en raison de cette culture du « donnant-donnant » au Conseil des ministres. C’est pour le moins discutable. »

Le modèle allemand comme exemple de transparence

Groen propose de s’inspirer directement du modèle allemand. Outre-Rhin, le gouvernement doit impérativement obtenir le feu vert du Bundestag avant de lancer toute mission à l’étranger. De plus, l’exécutif allemand a l’obligation de fournir aux députés un dossier transparent et complet : objectifs précis de la mission, durée estimée, coûts prévisionnels et nombre maximal de soldats déployés.

Cette réforme est jugée d’autant plus urgente par les Verts que l’instabilité géopolitique mondiale augmente considérablement les risques de voir la Belgique s’engager dans des conflits armés.

Face aux risques, exiger le feu vert des élus

La personnalité de l’actuel ministre de la Défense cristallise également les inquiétudes des écologistes. « Le ministre Francken n’a pas exactement l’image d’un homme réfléchi et réservé lorsqu’il s’agit de décisions militaires. Laisser un tempérament si impulsif mener la danse sur des opérations aux conséquences potentiellement considérables comporte des risques majeurs », prévient Staf Aerts.

Pour les Verts, la ligne rouge est désormais claire : la Belgique ne doit envoyer ses troupes mettre leur vie en danger à l’étranger que si le gouvernement parvient à en convaincre l’hémicycle et que les représentants du peuple donnent explicitement leur feu vert.