La réaction du chef de groupe de Groen à la Chambre, Stefaan Van Hecke, est sans appel. Pour lui, l’accord trouvé pour apaiser les tensions internes de la coalition gouvernementale se fait sur le dos des droits des femmes. « Les frictions au sein du gouvernement ont peut-être été lissées, mais les femmes qui ont besoin de soins vitaux sont une fois de plus laissées de côté », déplore-t-il.
Groen pointe du doigt un secret de polichinelle : les partis au pouvoir auraient déjà un accord officieux pour s’aligner sur la proposition restrictive du CD&V. « En pratique, cela signifie que les partis de la majorité, sous la pression du CD&V, imposent une éthique conservatrice à l’ensemble de la société », dénonce Van Hecke, qui s’inquiète également du sort des autres dossiers éthiques qui suivront la même trajectoire.
Un compromis à 14 semaines qui ignore la majorité
Le débat sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) a profondément agité la scène politique belge ces dernières semaines. Alors qu’une majorité de députés est favorable à un allongement du délai légal à 18 semaines et à la suppression totale du délai de réflexion — conformément aux recommandations des experts —, le CD&V refuse d’aller au-delà de 14 semaines, tout en maintenant un délai de réflexion de 2 jours.
La stratégie actuelle du gouvernement consiste à lier l’avortement à une mise à jour globale de plusieurs dossiers éthiques que la ministre Annelies Verlinden doit prochainement présenter. Selon Van Hecke, le résultat de ce report en décembre est déjà prévisible et insuffisant : « On finira avec un ajustement à seulement 14 semaines en décembre. Le résultat sera le même : les femmes en détresse seront abandonnées et contraintes de chercher des soins à l’étranger. »
Respecter les choix de chacun sans bloquer les droits
Le leader écologiste rappelle que le combat de Groen ne vise pas à imposer un choix, mais à garantir une liberté d’accès aux soins de santé. Tout en affirmant respecter les convictions éthiques individuelles et la place accordée aux réflexions personnelles sur des sujets aussi délicats, il condamne fermement la paralysie actuelle.
« Donner à une femme le droit de choisir une IVG jusqu’à 18 semaines n’oblige en rien une autre à le faire », rappelle Stefaan Van Hecke. « C’est précisément pour cela qu’il est honteux que l’éthique d’une minorité bloque tout aujourd’hui et prive les femmes de soins essentiels. »


























