Depuis le 6 mai 2021, le conflit israélo-palestinien qui est en cours à Gaza a connu un regain de tensions suite à la décision attendue de la cour suprême d’Israël sur l’expulsion de huit familles palestiniennes de Sheik Jarrah, un quartier de la ville occupée de Jérusalem-Est. Ces expulsions, si confirmées, seraient illégales en vertu du droit international. Les tensions ont également augmenté suite à l’assaut des forces de police israéliennes dans la mosquée Al-Asqa lundi dernier.

Selon Thomas Woodley, du groupe les Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient, dans une interview accordée à Global Green News, la situation actuelle est celle « où Israël et les groupes armés palestiniens de Gaza échangent des coups de feu en raison de la provocation permanente que constitue la vaste dépossession des Palestiniens par Israël et les violations des droits humains à leur encontre ».

Dans ce conflit, il y a eu des victimes des deux côtés, mais « Israël a une puissance de feu beaucoup plus meurtrière », a indiqué Woodley à Global Green News, « infligeant un nombre de morts et de blessés beaucoup plus élevé et une destruction de biens à une échelle beaucoup plus grande ». La flambée de violence actuelle n’est pas un conflit entre des parties équilibrées, mais une situation où une société développée, sophistiquée et hautement militarisée choisit d’infliger une violence terrible à une population appauvrie et sans défense en toute impunité ».

L’escalade rapide de la violence et des affrontements entre les militants palestiniens et les forces de police israéliennes n’a pas tardé à susciter l’inquiétude de la communauté internationale quant aux violations des droits humains par l’État d’Israël.

Cependant, malgré les nombreuses déclarations des dirigeants municipaux du Parti vert, Annamie Paul, cheffe du Parti vert du Canada, a fait des déclarations demandant la désescalade et la paix, qui ont été jugées incomplètes et insuffisantes par beaucoup. « Alors que personne ne serait en désaccord avec ses propositions de désescalade, de retenue et d’appel à des négociations de paix, il n’y a aucun appel à la responsabilité dans ses déclarations », a déclaré Woodley à Global Green News. « Paul condamne certaines des violations du droit international, mais refuse assidûment de nommer les auteurs de ces abus ou l’échelle massive avec laquelle Israël commet ces abus », a-t-il ajouté. Le contexte d’occupation et d' »apartheid » de la flambée actuelle est extrêmement pertinent », a déclaré Woodley, « et devrait fortement influencer la réponse de Paul face aux tragédies quotidiennes de la flambée actuelle ». Paul n’a pas non plus commenté le bombardement d’appartements civils et de bureaux de presse à Gaza par le gouvernement israélien.

Pendant sa campagne, Paul a mis l’accent sur l’aspect progressiste du Parti Vert du Canada et a pris une position ferme contre le racisme et les préjugés systémiques. Woodley a expliqué à Global Green News que « Paul est extrêmement décevante dans sa façon de ne pas reconnaître la différence de pouvoir dans le conflit israélo-palestinien. Le mouvement BLM a changé la donne, et les gens – surtout les leaders prétendus « progressistes » comme Paul – ne peuvent plus ignorer la discrimination et la dépossession systémiques, ni au Canada, ni ailleurs. Son incapacité à dénoncer les abus israéliens semble incompatible avec sa prétendue position contre les préjugés systémiques. »

Soulignant le point de vue de Woodley, Rowan Gaudet, coordonnateur national intérimaire à Independent Jewish Voices Canada, a déclaré à Global Green News que l’appel de Paul à la « diplomatie de la paix » est insuffisant. « Même maintenant qu’Israël a cessé sa campagne de bombardement brutale de Gaza, la crise humanitaire causée par le blocus israélien se poursuit », a déclaré Gaudet à Global Green News. « Afin de soutenir la justice, Paul doit appeler à l’action, comme la réduction des ventes d’armes à Israël ou l’imposition de sanctions. Son appel à la « diplomatie de la paix » tombe à plat ; la diplomatie ne mettra pas fin à l’apartheid. Au contraire, si Paul prend la paix au sérieux, elle doit soutenir les appels à la réduction des ventes d’armes canadiennes qu’Israël a utilisées pour décimer Gaza, et elle doit soutenir les appels à l’imposition de sanctions à Israël. Si le Parti vert veut être perçu comme un parti politique canadien progressiste, il doit agir comme tel et s’opposer à l’apartheid israélien », a déclaré M. Gaudet.

L’ancienne cheffe du parti vert canadien, Elizabeth May, s’est prononcée contre les abus israéliens et l’absence de réaction du Canada au parlement le 13 mai. « La crise croissante au Moyen-Orient est un danger pour la région et au-delà », a déclaré May. « Cette crise actuelle a été provoquée par le gouvernement Netanyahu et d’autres éléments extrêmes au sein des groupes de colons ; le Canada peut-il s’exprimer clairement pour défendre le peuple palestinien contre l’annexion, contre les colonies illégales et les expulsions illégales ? » a-t-elle demandé. Elle a ensuite déclaré la nécessité de choisir un camp dans de telles circonstances. « Nous sommes entravés lorsque nous limitons notre réponse à ‘les deux parties doivent désescalader' », a déclaré Mme May. « La paix véritable ne sera jamais atteinte si nous continuons à ignorer qu’un côté est l’occupant et l’autre l’occupé ». Woodley a également commenté l’impartialité avec Global Green News, nous rappelant que « comme Desmond Tutu l’a dit, ‘Si vous êtes neutre dans des situations d’injustice, vous avez choisi le côté de l’oppresseur' ».

Les deux organisations ont terminé en demandant au gouvernement canadien d’agir au nom de ses citoyens concernant les revendications soulevées. « Au milieu de cette crise, il a été important pour nous de montrer que nous, comme de nombreux juifs canadiens, sommes horrifiés par les agressions de l’État d’apartheid israélien. Les citoyens canadiens, qu’ils soient juifs ou non, ont le devoir de demander au Canada de retirer son soutien à l’apartheid israélien, comme l’Accord de libre-échange Canada-Israël et les contrats bilatéraux d’armement », a déclaré Gaudet à Global Green News. « Il est ridicule d’espérer que la justice, la paix, l’égalité et la sécurité viendront aux Palestiniens et aux Israéliens sans demander des comptes à Israël, la puissance occupante. Les dirigeants canadiens doivent mettre fin à l’exceptionnalisme israélien et promouvoir une approche du conflit fondée sur les droits humains s’ils espèrent un jour voir le statu quo changer », a conclu M. Woodley.

Eva Julia van Dam

Bonjour! Je suis une étudiante franco-néerlandaise vivant à Montréal. Tout juste diplômée d'un Bachelor en Sciences Politiques de l'Université McGill, je me suis intéressée tout au long de mes études au journalisme. J'ai travaillé avec le McGill Tribune, le Bull & Bear et récemment avec La Gazette des Femmes à Québec. J'ai également été éditrice adjointe du Historical Discourse à McGill. Mes domaines d'intérêt sont les relations internationales, la diplomatie culturelle, le féminisme et les études de genre, les questions environnementales et le journalisme - j'aime écrire, apprendre et grandir de mes expériences. Je suis ravie de travailler avec Global Green News.

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