Chaque année, le même scénario se répète. Des hordes de motards prennent d’assaut les cols alpins, d’immenses bus touristiques restent coincés dans les virages étroits et les files d’attente s’allongent aux remontées mécaniques. Pour Elide Mussner, conseillère locale de la commune de Badia (Abtei) et experte en tourisme pour le parti vert, l’incompétence des autorités réside dans leur passivité. « Chaque année, les décideurs semblent surpris par l’afflux. Les mesures annoncées sont trop lentes ou inefficaces parce qu’ils choisissent la mauvaise stratégie : agir de manière rétroactive plutôt que de prendre des mesures proactives », déplore-t-elle.
L’illusion de la croissance infinie
Sur les ondes de la radio ladine, les exploitants de téléphériques se félicitent déjà des prévisions d’une saison estivale record. Pourtant, pour les écologistes, assimiler « une meilleure saison » à « plus de monde » est une grave erreur économique et écologique. Plus de masse signifie plus de trafic, plus de bruit et, par conséquent, moins de paix, moins de connexion avec la nature et une baisse drastique de la qualité de vie et de séjour. Une fois cette qualité perdue, l’attractivité de la destination s’effondrera durablement.
Cette inquiétude est partagée au-delà des rangs politiques. Christian Pescolldungg, président de la Coopérative touristique de l’Alta Badia, a lui aussi vivement critiqué l’anarchie du trafic routier dans les vallées, exigeant un respect minimal pour les résidents locaux et les paysages.
Les Dolomites ne sont pas un parc d’attractions
Pour les Verts, les millions d’euros d’argent public investis dans le marketing touristique traditionnel doivent être réorientés d’urgence. La communication ne doit plus servir à une mise en scène purement commerciale sur les réseaux sociaux, mais à sensibiliser les visiteurs.
« Les Dolomites ne sont pas une auge dans laquelle tout le monde peut venir se nourrir à sa guise sans prendre ses responsabilités. Nos vallées, nos forêts et nos villages sont des milieux de vie qui doivent être respectés », martèle Elide Mussner. Le parti appelle à une solidarité à l’échelle de tout le Tyrol du Sud pour ne pas laisser les communautés locales gérer seules ce fardeau, rappelant qu’il en va de la préservation de leur patrie et de la durabilité de leur propre économie.


























