Le ton monte d’un cran contre les géants de l’eau. Alors que 25 000 foyers du sud de l’Angleterre sont restés privés d’eau potable cette semaine, le chef du Parti vert, Zack Polanski, a officiellement interpellé le 10 Downing Street. Son message est sans équivoque : le modèle privé a échoué et South East Water (SEW) doit être nationalisée sans délai.
Un service public en « faillite »
Le constat dressé par le leader écologiste est alarmant. Malgré des factures qui devraient bondir de 24 % d’ici 2030, le service rendu aux usagers est au plus bas. Zack Polanski rappelle que les défaillances de SEW ne sont pas isolées : après les crises de Noël 2022 et de juin 2023, l’épisode de décembre 2025 a encore privé d’eau deux hôpitaux et des dizaines d’écoles et de crèches.
« L’eau n’a pas coulé des robinets de 25 000 foyers cette semaine. Même le seuil extrêmement élevé fixé par la ministre Emma Hardy pour une intervention de l’État a été atteint », martèle Zack Polanski dans sa lettre, faisant référence aux critères de « service minimal » définis par le gouvernement en septembre 2025.
Dividendes contre infrastructures
Au cœur de la colère des Verts : la gestion financière de l’entreprise. Entre 2020 et 2022, SEW a versé 156 millions de livres sterling de dividendes à ses actionnaires et 72,8 millions d’intérêts à ses créanciers. Dans le même temps, les investissements dans les réparations plafonnaient à 179,8 millions de livres. Résultat : en 2024/25, la compagnie a gaspillé près de 20 % de ses réserves en fuites, soit l’équivalent de 15 300 piscines olympiques.
Pour Polanski, le secteur de l’eau est devenu une machine à cash au détriment de l’intérêt général. Il souligne qu’un tiers de la facture moyenne des Britanniques sert désormais uniquement à rémunérer les actionnaires ou à éponger une dette sectorielle colossale de 72 milliards de livres sterling.
La « solution » de l’administration spéciale
Le Parti vert propose une sortie de crise par le biais d’une « administration spéciale ». Ce mécanisme permettrait au gouvernement de reprendre le contrôle de la société sans verser d’indemnités aux actionnaires. Plus radical encore, Polanski suggère que l’État refuse de rembourser les créanciers, arguant que les coûts de réparation des infrastructures défaillantes excèdent la valeur de la dette.
Face à cette pression politique et à l’exaspération croissante des habitants du Kent et du Sussex, le gouvernement Starmer est désormais au pied du mur : protéger le modèle de privatisation ou garantir l’accès à l’eau comme un droit fondamental non négociable.
Les chiffres clés de la crise (Source : Lettre de Z. Polanski) :
- 25 000 : Foyers privés d’eau cette semaine dans le sud de l’Angleterre.
- 24 % : Hausse prévue des factures d’ici 2030.
- 19,3 % : Taux de perte d’eau par fuites chez South East Water en 2024/25.
- 85,2 milliards £ : Total des dividendes versés par le secteur de l’eau depuis la privatisation de 1989.


























