Suivant les tensions de ces dernières semaines dans la région de Gaza, entre l’État d’Israël et les Palestiniens suite aux évictions de Sheikh Jarah, la violence est au premier plan dans les médias internationaux. Bien évidemment, la violence dans la région est très importante à souligner, notamment en raison de sa nature disproportionnée de la part de l’état d’Israël. Cependant, une histoire de paix se cache derrière les caméras médiatiques. Cette histoire de paix est celle d’une union entre Israéliens, Juifs, et Palestiniens en Israël qui manifestent pour un arrêt de la violence systémique. 

Au premier rang de ce mouvement figure Stav Shaffir, cheffe du Parti vert d’Israël, qui s’est exprimée sur les réseaux sociaux. « Israéliens, juifs et arabes, manifestent ensemble. Sachez que même si nous n’avons pas choisi de vivre comme ça – c’est notre vie », a dit Shaffir. En joignant à ses propos des photos des manifestations, Shaffir a déclaré que la centaine de personnes visibles sur la photo reflète en réalité d’un million de participants. « Au [courant de] la semaine dernière, plus que jamais, on a compris qu’on devait faire une alliance avec les autres », a déclaré Shaffir. 

Elle décrit ce mouvement, cette alliance sur les réseaux comme « un pacte de gens sain d’esprit ». En effet, selon Shaffir, le recours à la violence des deux côtés du conflit reflète d’une minorité de la population, au contraire de ce que les médias présentent, même s’il s’agit d’une minorité influente reconnait-elle. « Peu importe le bruit qu’ils font dans les médias, les extrémistes qui essaient de nous faire peur, qui essaient de semer la destruction et la violence ici ne sont qu’une poignée. » a déclaré Shaffir. « Ceux qui choisissent la violence sont faits du même matériel, peu importe de quel côté du conflit ils viennent », a dit Shaffir. « Devant eux, il y a une grande majorité ici qui veut le calme, qui rêve encore de paix ».

Dans une autre publication sur Facebook, Shaffir a décrit la multitude de petits gestes de soutiens et de solidarité en ces temps de conflit que peu réussissent à percevoir derrière l’affluence de violence quotidienne. « Au cours des neuf derniers jours, dans l’ombre des barrages et des troubles qui nous ont tous choqués, ils brillaient par leurs gestes simples – des enseignants qui ont [dicté certains actes religieux] pour tenter de calmer les esprits, ou des médecins juifs et arabes qui ont répondu aux appels anti-violence », a décrit Shaffir comme des « signes d’humanité dans des nuages de peur ». 

L’implication de Shaffir dans ce mouvement reflète également une critique du gouvernement actuel de Netanyahu. Dans un article de 2015 publié dans le Times d’Israël, Shaffir, qui travaillait dans le Comité des Finances d’Israël, avait dénoncé la corruption du gouvernement israélien. Cette corruption a refait surface dans css postes médiatiques récents concernant le conflit à Gaza.  « Le gouvernement de Netanyahu a ravitaillé des budgets pour les ONG d’extrême droite et a amené des personnages [instables] comme Itamar Ben Gvir [aux premiers rangs] », explique Shaffir. « De même, Netanyahu a choisi de renforcer le Hamas terroriste au lieu de travailler avec les autorités palestiniennes. « Vous êtes-vous demandé pourquoi la situation est restée relativement calme au cours de la semaine dernière ? Parce qu’avec l’Autorité Palestinienne, nous avons des accords de sécurité qui durent depuis des années et qui réussissent relativement à prévenir les attaques terroristes malgré la situation délicate. Par contre, à Gaza, le gouvernement [israélien] transmet au Hamas chaque mois un pot-de-vin d’argent en échange du silence – et après chaque opération militaire, il nous ramène au même point bas. » 

Shaffir a dénoncé de façon poignante l’alliance cachée des extrémistes des deux côtés du conflit et l’implication du gouvernement israélien dans les violences actuelles. « Si [le gouvernement] voulait éliminer le Hamas, cela [serait] déjà arrivé – mais faussement, ils servent l’intérêt de Netanyahu et des colons. Tant que le Hamas est là, on ne peut pas conclure des accords sur une solution à deux États ». Selon Shaffir, cette collaboration extrémiste a été délibérément choisie et maintenue par le gouvernement actuel afin de retarder des accords de paix qui pourraient nuire à la vision d’Israël que porte l’extrême droite. « Pour éviter une solution [diplomatique], Netanyahu a renforcé deux mouvements terroristes – le Hamas de l’extérieur, et les extrémistes juifs de l’intérieur. Ceux-ci ont reçu de l’argent pour leur silence temporaire, et ceux-ci ont reçu des budgets pour leurs activités ».

Shaffir a conclu en appelant « la majorité saine d’esprit » à se mobiliser, afin de présenter une alliance alternative à l’extrémisme et un renouveau politique au sein de l’État d’Israël, qui suggère un avenir possible pour le Parti vert israélien. « L’histoire politique n’est pas encore terminée », a annoncé Shaffir. « Il est temps pour un nouveau mandat ; Netanyahu n’a toujours pas la majorité pour assembler un gouvernement, et s’il nous traîne encore aux élections, nous les gagnerons ». 

Eva Julia van Dam

Bonjour! Je suis une étudiante franco-néerlandaise vivant à Montréal. Tout juste diplômée d'un Bachelor en Sciences Politiques de l'Université McGill, je me suis intéressée tout au long de mes études au journalisme. J'ai travaillé avec le McGill Tribune, le Bull & Bear et récemment avec La Gazette des Femmes à Québec. J'ai également été éditrice adjointe du Historical Discourse à McGill. Mes domaines d'intérêt sont les relations internationales, la diplomatie culturelle, le féminisme et les études de genre, les questions environnementales et le journalisme - j'aime écrire, apprendre et grandir de mes expériences. Je suis ravie de travailler avec Global Green News.

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