Le Nil, le deuxième plus long fleuve du monde, est désormais presque sans vie, trop pollué. Un exemple concret du défi que représente l’accès à l’eau pour les années à venir. Le bassin du Nil couvre plus de trois millions de kilomètres carrés, soit 10 % de la superficie du continent africain, et s’étend sur onze pays.
Ses eaux constituent une ressource importante pour quelque 500 millions d’habitants de l’Afrique du Nord-Est. Cependant, en raison de l’explosion démographique et du changement climatique, le Nil devrait faire face à une pénurie d’eau douce d’ici 2025, selon l’ONU.

Certains petits États, en particulier les États insulaires, mettent en garde contre la montée des eaux qui les menace. L’accès à l’or bleu est un autre enjeu majeur de notre siècle, déjà source de nombreux conflits. Comme en Afrique, où plusieurs pays se disputent le partage du Nil. Le barrage en cours de construction par l’Éthiopie irrite l’Égypte, qui y puise l’essentiel de son eau. Pourtant, le fleuve est déjà sous pression : la surpêche et la pollution menacent les agriculteurs et les pêcheurs égyptiens.

De nombreuses études ont montré que la pollution, en particulier dans la partie nord du Nil, a augmenté au cours des dernières décennies.
Les causes sont multiples : eaux usées et déchets déversés directement dans le fleuve, ruissellement agricole et rejet d’hydrocarbures et de produits chimiques du secteur industriel.

Tous ces rejets induisent une forte présence de métaux lourds (fer, manganèse, cuivre, nickel, cadmium, plomb), avec des conséquences dramatiques, selon les experts, sur l’état de la biodiversité.
Les riverains en souffrent pour la pêche, dont beaucoup en vivent de manière informelle, et pour leur santé car l’eau polluée du Nil, si elle est traitée pour la consommation courante, entraîne des maladies comme la schistosomiase ou la fièvre typhoïde.

En Égypte, environ 150 millions de tonnes de déchets industriels se retrouvent chaque année dans le Nil, selon un rapport de 2018 de l’agence nationale de l’environnement.
Le besoin en eau est d’autant plus crucial que si la croissance démographique continue au même rythme, le pays devrait compter 120 millions d’habitants en 2030. Déjà environ 7% des Égyptiens n’ont pas accès à l’eau potable et plus huit millions à un assainissement convenable.
Dans le même temps, dans tout le bassin du Nil, le réchauffement climatique provoque une augmentation significative des saisons chaudes et sèches et aussi, occasionnellement, des pluies plus abondantes.

« La fréquence des années chaudes et sèches devrait au moins doubler d’ici le milieu du siècle », a déclaré à l’AFP (Agence France Presse) Justin S. Mankin, professeur de géographie au Dartmouth College et climatologue qui a participé à une étude sur le bassin supérieur du Nil.
En conséquence, selon lui, vers 2050, « jusqu’à 45% de la population du bassin supérieur du Nil devrait manquer d’eau ». Toujours selon ce chercheur, les conséquences observées en amont du fleuve devraient se répercuter en aval.

Un autre défi complète ce tableau : la montée des eaux de la Méditerranée liée au réchauffement climatique provoque l’entrée d’eau salée dans le delta du Nil, menaçant la principale région agricole du pays, cultivée depuis des temps immémoriaux.
Le coton est l’une des plantes les plus répandues le long du Nil et nécessite beaucoup d’eau. Mais au total, le secteur agricole pourrait se contracter de près de moitié d’ici 2060, selon les spécialistes du climat.

Dans ce contexte, les experts s’inquiètent et appellent l’Egypte à diversifier ses sources d’eau potable.

« L’Egypte doit investir dans des sources d’eau autres que le Nil », a déclaré à l’AFP Jeannie Sowers, professeur de sciences politiques à l’université du New Hampshire et auteur d’un livre sur les politiques environnementales de l’Egypte.

« Cela signifie donner la priorité aux usines de dessalement sur les côtes … et améliorer les réseaux d’irrigation et de drainage », a-t-elle déclaré. De tels projets ont été lancés dans le passé mais n’ont pas été suffisamment développés, notamment en raison de la bureaucratie et des turbulences économiques liées à la révolution de 2011 et aux changements ultérieurs à la tête du pays.

Billy Omeonga

Billy Omeonga est diplômé en journalisme et en écriture créative. Il poursuit actuellement ses etudes de licence en Gestion des Entreprises à University of the People aux États-Unis d'Amérique. Billy Omeonga est passionné par la nature et la protection de l'environnement. Il aime lire et écrire. Il parle couramment le français et l'anglais. Il passe ses loisirs à écrire et à apprendre des autres.

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