La loi du Parlement européen la semaine dernière a donné le feu vert final à l’interdiction des produits chimiques nocifs dans les jouets, y compris les « produits chimiques éternels » toxiques PFAS. Sara Matthieu, membre du Parlement européen, a négocié la loi au sein de la commission de l’environnement : « Nous devons pouvoir acheter des jouets sûrs pour nos enfants en toute tranquillité d’esprit. De la pâte à modeler aux blocs de construction et à la peinture, le temps de jeu sans souci n’est pas un luxe mais un droit pour chaque enfant. C’est pourquoi nous interdisons l’utilisation de perturbateurs endocriniens, de PFAS et d’autres produits chimiques nocifs dans nos jouets. »
PFAS dans les mains des enfants
Les PFAS, également connus sous le nom de « produits chimiques éternels », se décomposent difficilement dans l’environnement et s’accumulent dans notre corps. Ces substances sont liées à des problèmes de santé graves tels que le cancer, la réduction de la fertilité et un système immunitaire affaibli. Matthieu : « Les enfants mettent souvent des jouets dans leur bouche. Mais les jouets s’usent aussi, finissant dans la poussière domestique. Les enfants qui rampent beaucoup peuvent ingérer les produits chimiques de cette manière. Avec cette interdiction, nous protégeons nos enfants des substances toxiques qui peuvent rester dans leur corps pendant des décennies. »
En plus des PFAS, la nouvelle loi interdit également 34 bisphénols cancérigènes et tous les perturbateurs endocriniens des jouets. Pour Matthieu, il s’agit de plus que de simples jouets sûrs : « Nous commençons dans la chambre des enfants, mais nous ne nous arrêtons pas là. Les PFAS n’ont leur place nulle part—ni dans nos vêtements, ni dans nos casseroles, ni dans nos corps. Cette interdiction des jouets est le signal de départ pour une Europe sans PFAS, pour laquelle Groen se bat depuis des années. »
Jouets IA sous surveillance
La nouvelle loi vise également à protéger les enfants des risques pour la santé mentale liés aux jouets interactifs utilisant l’intelligence artificielle. Les fabricants doivent y prêter une attention particulière lors de leurs contrôles de sécurité. Matthieu : « Les robots interactifs, les jouets intelligents et les jeux attirent constamment l’attention des enfants. Même dans mon entourage, je vois des enfants défiler comme des fous. Cela peut conduire à une addiction et à d’autres problèmes de santé mentale. C’est certainement une amélioration, mais pas suffisant. »
Selon Matthieu, cette protection n’arrive pas un jour trop tôt : « Pensez aux poupées parlantes qui collectent des données personnelles ou aux consoles de jeux qui encouragent les enfants à jouer toujours plus longtemps. Ce nouveau règlement garantit que l’évaluation de la sécurité de ces jouets prend spécifiquement en compte les vulnérabilités des enfants. »
Le passeport numérique doit s’attaquer à Temu et Shein
Des recherches récentes montrent que les jouets des magasins en ligne chinois comme Temu présentent des risques importants pour la sécurité des enfants. Les produits à des prix dérisoires ne respectent souvent pas les réglementations de sécurité européennes.
Malgré des contrôles stricts par les douanes et le Service public fédéral Économie, de nombreux jouets dangereux passent encore en Belgique. En Belgique, cela représente un montant stupéfiant de 37 millions de colis par mois qui doivent être inspectés par seulement 170 douaniers. C’est pourquoi chaque jouet recevra un passeport produit numérique, aidant les autorités d’inspection et de douane qui doivent surveiller les importations de jouets. C’est aussi une bonne nouvelle pour l’environnement. Matthieu : « Cela nous permet de vérifier que tous les jouets arrivent sur nos étagères sans poser de risques pour la santé de nos enfants. Après tout, de nombreux jouets arrivent dans nos magasins de l’extérieur de l’Europe. De plus, nos jouets sont plus faciles à recycler car les fabricants peuvent voir d’un coup d’œil de quoi sont faits leurs jouets. »
Adieu au bruit agaçant des jouets
L’Europe impose des limites de bruit plus strictes pour les jouets. Les bruits soudains et courts, tels que les tintements, peuvent endommager l’audition des bébés ou des jeunes enfants. Matthieu : « Des bruits aussi bas que 100 décibels peuvent causer une perte auditive. Limiter enfin les niveaux de bruit est non seulement bon pour les enfants, mais cela donnera aussi à de nombreux parents un peu plus de tranquillité d’esprit. »
L’accord politique sur la nouvelle loi sur les jouets a été conclu en avril 2025 entre la Commission européenne, les États membres et le Parlement européen. Avec le vote d’aujourd’hui, la législation est maintenant officiellement finalisée. Les États membres ont maintenant le temps de transposer les règles européennes en législation nationale.





























